.::Surat An-Nâs (Les Hommes) [114] => 2ème des Mu`awwithatayn::.

Les Mu`awwithatayn font-elles partie du Coran ?


La discussion ci-dessus suffit pour comprendre pleinement le thème et le contenu de ces deux sourates, mais puisque trois points dans les livres de Hadith et de tafsîr concernant ces sourates ont été discutés, et qu'ils peuvent semer le doute dans les esprits, il est également nécessaire de les clarifier ici.

Premièrement est-il absolument établi que ces deux sourates sont des sourates coraniques ou y-a-t-il un doute à ce sujet ? Cette question s'est posée car dans les traditions relatées d'après d'illustres compagnons tels que notre maître `Abdullâh Ibn Mas`ud, il a été dit qu'il ne considérait pas que ces deux sourates faisaient partie du Coran et ne les avait pas inscrites dans sa copie du Mushaf. L'Imam Ahmad, Al-Bazzâr, At-Tabarânî, Ibn Mardaweih, Abû Ya`lâ, `Abdullah Ibn Ahmad Ibn Hanbal, Humaydi, Abû Nu`aym, Ibn Hibbân et d'autres savants des traditions ont rapporté ceci d'après notre maître `Abdullâh Ibn Mas`ûd avec d'autres chaînes de transmissions et essentiellement d'autorité reconnue. D'après ces traditions, non seulement a-t-il exclu ces sourates du Mushaf mais on a aussi rapporté qu'il disait : "Ne mélangez pas avec le Coran ce qui n'en fait pas partie. Ces deux sourates ne sont pas incluses dans le Coran. Ce n'est qu'un ordre donné au Saint Prophète (que la paix soit sur lui) de chercher refuge auprès de Dieu". Dans certaines traditions, on ajoute qu'il ne récitait pas ces deux sourates pendant la Prière.

Se basant sur ces traditions, les ennemis de l'Islam ont eu l'occasion de semer le doute sur le Coran, disant que ce livre - à Dieu ne plaise - n'est pas exempt de corruption. Car si, selon un compagnon du rang de `Abdullah Ibn Mas`ud, ces deux sourates étaient un ajout au Coran, d'autres ajouts et soustractions auraient aussi pu avoir lieu. Pour laver le Coran de ces accusations, le Juge Abû Bakr Al-Bâqilâni, le Juge `Iyâd et d'autres étaient d'avis qu'Ibn Mas`ud ne niait en fait pas que les Mu'awwidhatayn soient coraniques mais refusaient simplement de les inscrire dans le Mushaf car, selon lui, seul ce que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) avait autorisé d'inscrire pouvait être inscrit dans le Mushaf, et Ibn Mas`ud n'avait pas reçu l'information que le Saint Prophète l'avait permis. Mais cet avis n'est pas correct [1], car selon des preuves reconnues, il est confirmé que Ibn Mas`ûd (qu'Allâh soit satisfait de lui) a nié qu'il s'agissait de sourates du Coran. D'autres érudits, par exemple, l'Imâm An-Nawawî, l'Imâm Ibn Hazm et l'Imâm Fakhruddîn Ar-Râzî, considèrent comme un pur mensonge et une tromperie les récits selon lesquels Ibn Mas'ud aurait déclaré une telle chose. Mais rejeter des faits historiques sans preuves solides est non scientifique.

Alors la question est : comment réfuter correctement l'accusation faite à l'encontre du Coran du fait de ces traditions d'Ibn Mas'ud ? Cette question a plusieurs réponses que nous allons apporter à la suite :

1. Al-Hâfidh Al-Bazzâr, après avoir relaté ces traditions d'Ibn Mas`ûd dans son Musnad, a écrit que ce dernier était le seul de cet avis, aucun autre Compagnon n'avait ce point de vue.
2. Les copies du Coran que le troisième Calife, notre maître `Uthmân (qu'Allâh soit satisfait de lui), a fait compiler en consensus avec les Compagnons et qu'il a fait envoyer du Califat Islamique officiellement vers les centres du monde de l'Islam contenaient ces deux sourates.
3. Le Mushaf qui, depuis le temps sacré du Saint Prophète (que la paix soit sur lui) jusqu'à nos jours, a le sceau du consensus du monde Islamique entier, contient ces deux sourates. L'opinion isolée de `Abdullâh Ibn Mas`ûd, malgré son rang, ne fait pas le poids face à ce grand consensus.
4. Il est confirmé par un hadith fiable du Saint Prophète (que la paix soit sur lui) que, non seulement il récitait ces sourates dans la Prière lui-même, mais incitait les autres à les réciter, et les enseignait aux gens en tant que sourates du Coran. Voyez par exemple les hadiths suivants :

Nous avons cité selon Muslim, Ahmad, At-Tirmidhi et An-Nasâ'î, la tradition de notre maître `Uqbah Ibn `Âmir selon laquelle le Saint Prophète lui avait dit à propos de sourate Al-Falaq et de sourate An-Nâs, que ces versets lui avaient été révélés cette nuit-là. Une tradition d'An-Nasâ'î d'après `Uqbah Ibn `Âmir dit que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) récitait ces deux sourates durant la Prière du matin. L'Imam Ahmad rapporte d'autorité reconnue dans son Musnad la tradition d'un Compagnon selon laquelle le Saint Prophète lui disait, "Quand tu fais la Prière, récite ces deux sourates". Dans Musnad Ahmad, Abû Dâwûd et An-Nasâ'î cette tradition de `Uqbah Ibn `Âmir est relatée : "Le Saint Prophète lui dit : " Ne voudrais-tu pas que je t'enseigne deux sourates qui sont parmi les meilleurs sourates que les gens récitent ? " Il dit : "Enseigne les moi, O messager d'Allâh. " Alors, le Saint Prophète lui a enseigné les Mu`awwidhatayn. Puis la Prière a commencé et le Saint Prophète y a encore récité ces deux sourates. Après la Prière, le Saint Prophète est passé près de lui et lui a demandé : "Ô `Uqbah, comment l'as-tu trouvé ?" Puis, il lui a recommandé : "Quand tu te couches et quand tu te lèves, récite ces deux sourates." ".

Dans Musnad Ahmad, Abû Dâwûd, At-Tirmidhî et An-Nasâ'î, il y a une tradition de `Uqbah Ibn `Âmir, disant que le Saint Prophète l'exhortait à réciter les Mu'awwidhât (c'est à dire Qul Huwa Allâhu ahad et les Mu'awwidhatayn) après chaque Prière. An-Nasâ'î, Ibn Mardaweih et Al-Hâkim ont aussi rapporté cette tradition d'après `Uqbah Ibn `Âmir : "Une fois, le Saint Prophète était sur une monture et je marchais auprès de lui avec ma main placée sur son pied sacré. Je dis : "Aie l'obligeance de m'apprendre sourate Hûd ou sourate Yûsuf. " Il me répondit : "Aux yeux d'Allâh, il n'y a rien de plus bénéfique pour le serviteur que 'Qul a`ûdhu birabb il-falaq'."

Une tradition de `Abdullâh Ibn `Ubayd Al-Juhanî a été rapportée par An-Nasâ'î, Al-Bayhaqî et Ibn Sa`d, disant que le Saint Prophète lui dit : "Ibn `Ubayd, ne devrais-je pas te dire quels sont les meilleurs moyens par lesquels ceux qui cherchent refuge ont cherché refuge auprès d'Allâh ? " Je dis : "Instruis-moi, Ô Messager d'Allâh. " Il répondit : "Qul a`ûdhu birabb il-falaq" et "Qul a`ûdhu birabb in-nâs" - ces deux sourates". Ibn Mardaweih h a rapporté d'après la Mère des Croyants, Umm Salamah : "Les deux sourates préférées d'Allâh sont "Qul a`ûdhu birabb il-falaq" et "Qul a`ûdhu birabb in-nâs." "

Maintenant la question suivante se pose : qu'est ce qui est à l'origine de la méprise de notre maître `Abdullâh Ibn Mas`ûd quant à la coranicité de ces deux sourates ? Nous obtenons la réponse en confrontant deux traditions : premièrement, notre maître `Abdullâh Ibn Mas`ud affirmant que ce n'était qu'une injonction donnée au Saint Prophète enseignant comment chercher refuge auprès d'Allâh ; deuxièmement, la tradition relatée par l'Imâm Al-Bukhârî dans son Sahîh, par l'Imâm Ahmad dans son Musnad, par Al-Hâfidh Abû Bakr Al-Humaydî dans son Musnad, Abû Nu`aym dans Al-Mustakhraj et par An-Nasai dans ses Sunan, avec différentes chaînes de transmission, selon Zirr Ibn Hubaysh, avec une légère variation dans les termes d'après Ubayy Ibn Ka`b, qui avait une place particulière parmi les Compagnons du fait de sa connaissance du Coran. Zirr Ibn Hubaysh déclare : " Je dis à Ubayy : Ton frère, `Abdullâh Ibn Mas`ûd, dit ces choses. qu'en penses-tu ? " Il répondit : "J'ai posé la question au Saint Prophète (que la paix soit sur lui). Il m'a dit : " On m'a dit de dire 'qul', alors j'ai dit 'qul'. " Donc, nous aussi nous devons dire la même chose que le Saint Prophète." ". Dans cette tradition rapportée par l'Imâm Ahmad, les mots de Ubayy sont : "J'atteste que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) m'a dit que Gabriel (la paix soit sur lui) lui a dit de dire "Qul a`ûdhu birabb il-falaq" alors il l'a récitée à l'identique, puis Gabriel lui a demandé de dire : "Qul a`ûdhu birabb in-nâs", alors il l'a récitée également. Par conséquent, nous aussi nous disons comme le Saint Prophète a dit".

L'étude de ces deux traditions montre que le mot qul (dit) dans ces deux sourates a causé la méprise de `Abdullah Ibn Mas`ûd selon laquelle le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) avait reçut l'ordre de dire : "A`ûdhu birabb il-falaq" et "A'udhu birabb in-nâs". Mais il n'a pas ressenti le besoin d'interroger le Saint Prophète à ce sujet. Dans l'esprit de Ubbay Ibn Ka`b, la question s'est posée et il a interrogé le Saint Prophète. Le Saint Prophète a répondu : "Etant donné que Gabriel (la paix soit sur lui) a dit "qul", alors je dis moi aussi qul."

Autrement dit, si quelqu'un reçoit un ordre et qu'on lui demande : "Dis, je cherche refuge", il ne va pas répéter l'ordre et dire : "Dis, je cherche refuge", mais plutôt omettre l'injonction "dis" et dire directement : "Je cherche refuge". En revanche, si le messager d'un officier supérieur transmet à quelqu'un le message dans ces mots : "Dis, je cherche refuge", et que cet ordre lui est donné non seulement pour sa propre personne mais également pour être transmis aux autres, il transmettra aux gens les mots du message verbatim et n'aura pas l'autorisation d'omettre une quelconque partie du texte du message.

Ainsi, le fait que ces deux sourates commencent avec le mot "qul" (dis) est une preuve claire qu'il s'agit d'une Parole Divine, que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) devait transmettre verbatim. Ce n'était pas seulement un ordre à son adresse pour sa seule personne. Hormis ces deux sourates, il y a 330 autres versets du Coran qui commencent par le mot qul (dit). La présence de "qul" dans tous ces versets est une preuve que c'est Parole Divine, que le Saint Prophète devait transmettre verbatim. Dans le cas contraire, si qul avait partout signifié un ordre, le Saint Prophète l'aurait omis et n'aurait dit que ce qu'il avait reçu l'ordre de dire, et il n'aurait pas été consigné dans le Coran, il se serait contenté au contraire de dire ce qu'il avait reçu l'ordre de dire.

A la lumière de ceci, on peut pleinement réaliser combien il est déraisonnable de considérer les Compagnons comme infaillibles et de clamer qu'un Compagnon est diffamé dès qu'on entend décrire un de ses faits ou un de ses dires comme étant une erreur. Ici, on peut clairement voir quelle bévue un Compagnon aussi illustre que `Abdullah Ibn Mas`ûd a pu commettre à propos de deux sourates du Coran. Si une telle erreur pouvait être commise par un éminent Compagnon comme lui, d'autres pourraient également avoir commis une erreur. On peut étudier cela de manière scientifique et reconnaître comme étant erreur une chose faite ou dite par un Compagnon et dont l'erreur est prouvée. Mais mauvaise serait la personne, qui allant plus loin que de désigner cette erreur commencerait à blâmer et à trouver des défauts aux Compagnons du Saint Prophète d'Allâh. En ce qui concerne les Mu'awwidhatayn, les commentateurs et spécialistes des narrations ont décrit l'opinion de Ibn Mas`ûd comme étant fausse, mais personne n'a osé dire qu'en refusant ces deux sourates du Coran, il était devenu, Dieu nous en garde, un mécréant.

Relation entre la sourate Al-FatiHa et le Mu'awwidhatayn


La dernière chose à noter concernant les Mu`awwidhatayn est la relation entre le début et la fin du Coran. Bien que le Coran ne soit pas arrangé de manière chronologique, le Saint prophète (que la paix soit sur lui) arrangea dans l'ordre présent les versets et sourates révélés durant 23 ans à diverses occasions pour répondre aux besoins et aux situations, non par lui même, mais par l'Ordre d'Allâh Qui les lui révéla. Selon cet ordre, le Coran s'ouvre sur Al-FatiHa et se termine sur le Mu`awwidhatayn. Considérons-les tous les deux.

Au début, après avoir fait les louanges et glorifié Allâh, Qui est le Seigneur des mondes, Le miséricordieux par Essence et par Excellence, Roi du jour de la rétribution, le fidèle dit : " C'est Toi seul que j'adore et c'est de Toi que j'implore l'aide, et l'aide la plus urgente dont j'ai besoin est que Tu me guides sur le Droit Chemin." En réponse à cela, Allâh lui donne le Coran entier pour lui indiquer le droit Chemin, qui se termine ainsi : l'Homme prie vers Allâh, Qui est le Seigneur de l'Aurore, Seigneur des humains, Roi des humains en disant : "Je me mets sous Ta seule protection contre le mal de toutes les créatures et en particulier, contre le mal du démon qui souffle, qu'il appartienne aux djinns ou aux humains, car ce sont les plus grands obstacles à suivre le Droit Chemin". La relation entre le début et la fin ne peut rester cachée de quiconque a de la perspicacité et peut comprendre.




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)

# Posté le mardi 19 août 2008 06:43

.::Surat Al Falaq (L'Aube Naissante) [113] => 1ère des Mu`awwidhatayn ::.


NOM

Bien que ces deux sourates du Coran soient des entités séparées et qu'elles soient écrites dans le Mushaf sous deux noms différents, elles sont cependant si profondément reliées l'une à l'autre et leur contenu se ressemble tant qu'on les désigne par un nom commun aux deux : Mu`awwidhatayn (les deux sourates dans lesquelles le refuge auprès d'Allâh est recherché). L'Imâm Al-Bayhaqî dans Dalâ'il An-Nubuwwah a écrit que ces deux sourates ont été révélées ensemble, c'est pourquoi le nom commun aux deux est Mu`awwidhatayn. Nous rédigeons la même introduction pour les deux, car elles discutent et traitent des mêmes thèmes et sujets. Néanmoins, elles seront expliquées et commentées séparément ci-dessous.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Nos maîtres Al-Hasan Al-Basrî, `Ikrimah, `Atâ' et Jâbir Ibn Zayd disent que ces sourates sont Mecquoises. Une tradition de notre maître `Abdullah Ibn `Abbas soutient aussi ce point de vue. Pourtant, selon une autre de ses traditions, elles sont Médinoises et ce point de vue est également celui de nos maîtres `Abdullâh Ibn Az-Zubayr et Qatâdah. L'une des traditions qui renforcent ce second point de vue est le hadith rapporté par Muslim, At-Tirmidhî, An-Nasâ'î et l'Imâm Ahmad Ibn Hanbal selon notre maître `Uqbah Ibn `Âmir. Il dit que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) lui dit un jour : "Sais-tu quel genre de versets m'ont été révélés ce soir ? -ces versets incomparables sont "Qul a`ûdhu birabb il-falaq" (Je cherche refuge auprès du seigneur du aurore) et "Qul a`udhu birabb in-nâs" (Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes)."

Ce Hadith sert d'argument pour soutenir que ces sourates sont Médinoises car notre maître `Uqbah Ibn `Âmir a embrassé l'islam à Médine après l'Hégire, comme relaté par Abû Dâwûd et An-Nasâ'î selon le témoignage de `Uqbah lui-même. D'autres traditions qui renforcent ce point de vue sont celles relatées par Ibn Sa`d, le revivificateur de la sunnah l'Imâm Al-Baghawî, l'Imam An-Nasafî, l'Imâm Al-Bayhaqî, Al-Hâfidh Ibn Hajar, Al-Hâfidh Badruddîn Al-`Aynî, `Abd Ibn Humayd et d'autres disant que ces sourates ont été révélées quand les Juifs avaient lancé un sort contre le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) à Médine et qu'il en était tombé malade. Ibn Sa'd a rapporté sous l'autorité d'Al-Wâqidî que ceci est arrivé en l'an 7 après l'hégire. Sur cette base, Sufyân Ibn `Uyaynah déclare que ces sourates sont médinoises.

Mais comme nous l'avons expliqué dans l'introduction de sourate Al-Ikhlâs, quand il est dit d'une certaine sourate ou d'un certain verset qu'elle ou il a été révélé(e) à telle ou telle occasion, cela ne signifie pas nécessairement qu'elle ou il ait été révélé(e) pour la première fois à cette occasion. Il arrivait parfois qu'une sourate ou un verset ait déjà été révélé(e), puis à l'occasion d'une situation ou d'un incident particulier, l'attention du Saint Prophète était attirée vers elle par Allâh pour une deuxième ou une troisième fois et ainsi de suite. A notre avis, c'est également le cas avec les Mu`awwidhatayn.

Le thème des ces sourates montre explicitement qu'elles ont été révélées à la Mecque pour la première fois quand l'opposition contre le Saint Prophète y était devenue très intense. Plus tard, à Médine, quand des vagues d'opposition ont été provoquées par les hypocrites, Juifs et polythéistes, le Saint Prophète a reçu l'instruction de réciter ces mêmes sourates, comme mentionné dans la tradition d'après notre maître `Uqbah Ibn `Âmir citée précédemment. Puis, quand la sorcellerie a été employée contre lui, et que sa maladie est devenue intense, Gabriel est venu et l'a informé de l'ordre d'Allâh de réciter ces sourates. Ainsi, à notre avis, le point de vue soutenu par les commentateurs qui décrivent ces sourates comme Mecquoises est plus fiable. Ne les considérer que comme exclusivement liées à l'incident de la magie est difficile, car cet incident n'est relié qu'à un verset (verset 113:4), les versets restant de sourate Al-Falaq (Le aurore) et l'ensemble de sourate An-Nâs (Les Hommes) n'ont rien à voir directement avec cet incident.

THÈME ET SUJETS ABORS


Les circonstances dans lesquelles ces sourates ont été révélées à la Mecque sont les suivantes. Lorsque le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) a commencé à prêcher le message de l'Islam, c'était comme s'il avait provoqué toutes les classes des gens autour de lui. Au fur et à mesure que son message se répandait l'opposition des mécréants de Quraysh devenait de plus en plus forte. Tant qu'ils avaient l'espoir de pouvoir l'empêcher de prêcher son message par la tentation ou par la conclusion d'un marché avec lui, leur hostilité n'était pas très active. Mais une fois que le Saint Prophète les avait déçu, car il se refusait à tout compromis avec eux en matière de foi et, que dans sourate Al-Kâfirûn, il leur est clairement dit : "Je n'adore pas ce que vous adorez et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore, à vous votre religion, et à moi la mienne", l'hostilité a atteint ses limites extrêmes.

Plus particulièrement, les familles dont des membres (hommes ou femmes, garçons ou filles) avaient accepté l'Islam, brûlaient d'une rage intérieure contre le Saint Prophète. Ils l'insultaient, tenaient des réunions secrètes pour le tuer en silence dans l'obscurité de la nuit pour que les Banû Hâshim ne puissent découvrir le meurtrier et se venger. Ils employaient la magie et les sorts contre lui pour causer sa mort, ou le faire tomber malade ou le rendre fou. Des démons parmi les hommes et les djinns se répandaient partout pour insuffler quelque malveillance dans les c½urs contre lui et contre le Coran qu'il avait apporté afin de semer le doute à son égard et détourner les gens de lui.

Beaucoup de personnes brûlaient de jalousie à son égard, car ils ne pouvaient tolérer qu'un homme d'une autre famille ou d'un autre clan que le leur prenne de l'importance et leur vole la vedette. Par exemple, Abû Jahl a expliqué lui-même la raison pour laquelle il dépassait toutes les limites dans son hostilité envers lui : "Nous et les Banû `Abd Manâf (auquel appartenait le Prophète) étions rivaux : ils nourrissaient certains, nous en nourrissions d'autres ; ils fournissaient des moyens de transport aux gens, nous faisions aussi la même chose ; ils faisaient des dons, nous faisions des dons aussi, et ainsi de suite jusqu'au moment où nous sommes devenus égaux en honneur et en noblesse, ils ont alors déclaré avoir un prophète inspiré par le Ciel. Comment pourrions-nous les concurrencer dans ce domaine ? Par Dieu, nous ne le reconnaîtrons jamais, ni n'attesterons notre foi en lui." (Sîrat Ibn Hishâm, volume I, pp. 337-338).

Telle était la situation quand le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) a reçu l'ordre de dire aux gens : "Je cherche refuge auprès du Seigneur de l'aurore, contre le mal de tout ce qu'Il a créé, contre le mal de la nuit tombée, contre le mal des magiciens, hommes et femmes, et contre le mal de l'envieux", et de leur dire : " Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes, le Roi des hommes, et le Dieu des hommes, contre le mal de celui qui égare par ses mauvais conseils, contre celui qui inspire le mal dans le c½ur des hommes, qu'il soit un jinn ou un humain." Ceci est similaire à ce que le Prophète Moïse a été amené à dire quand Pharaon a annoncé devant toute sa cour son intention de le tuer : "Je cherche refuge auprès de mon Seigneur et de votre Seigneur contre tout arrogant qui ne croit pas au Jour du Jugement la Résurrection." (Ghâfir:27). Et : "Je prends refuge auprès de mon Seigneur et votre Seigneur de crainte que vous ne m'accabliez." (Ad-Dukhân:20).

A ces deux occasions, ces illustres Prophètes d'Allâh étaient confrontés à des ennemis bien équipés, plein de ressources et de pouvoir. A ces deux occasions, ils ont soutenu fermement leur message de Vérité contre leurs puissants ennemis, alors qu'ils n'avaient pas de pouvoir matériel avec lequel ils pouvaient les combattre. A ces deux occasions, ils n'ont tenu aucun compte des menaces, des plans périlleux et des machinations hostiles de l'ennemi, disant : "Nous prenons refuge auprès du Seigneur de l'univers contre vous". Évidemment, une telle fermeté et une telle ténacité ne peut être montrée que par celui qui a la conviction que le pouvoir de son Seigneur est le pouvoir suprême, que toutes les puissances du monde sont insignifiantes contre Lui, et que nul ne peut causer de mal à celui qui a pris refuge auprès de Lui. Seule une telle personne peut dire : "Je ne cesserai pas de prêcher la vérité. Peu m'importe ce que vous pouvez dire ou faire, car j'ai pris refuge auprès de mon Seigneur et votre Seigneur et Seigneur de tout l'univers".





Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le mardi 19 août 2008 06:32

.::Surat Al-Ikhlâs (Pureté du Dogme) [112]::.

NOM

Al-Ikhlâs - le monothéisme pur- n'est pas seulement le nom de cette sourate, c'est aussi le titre de son contenu, car cette sourate traite exclusivement du Tawhîd . Les autres noms de sourates ont été désignés en fonction de certains termes qu'elles contiennent, mais dans cette sourate le mot Ikhlâs n'est mentionné nul part. Ce nom a été donné pour la signification du sujet qu'elle traite. Quiconque le comprend et croit dans son enseignement, s'éloignera complètement du shirk (associationnisme).

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Le lieu de révélation de cette sourate constitue une divergence d'opinion, les uns disent que cette sourate a été révélée à la Mecque d'autres à Médine et ce, suite aux différents hadiths énoncés ci-dessous :

1. notre maître Abdullah bin Mas`ûd a rapporté que cette sourate à été révélée au moment où les gens de Quraïsh ont demandé au Prophète d'Allâh, paix et bénédictions de Dieu sur lui, de leur parler de l'ascendance d'Allâh exalté soit-il. (At-Tabarâni).
2. Abu'l-Aliyah a rapporté selon 'Ubayy Ibn Ka`b que les polythéistes ont dit au Prophète d'Allâh, paix et bénédictions de Dieu sur lui : " Parle nous de l'ascendance de ton seigneur ". Suite à ça Allâh a fait descendre la sourate. (cf. Musnad Ahmad, Ibn Abî Hâtim, Ibn Jarîr, At-Tirmidhî, Al-Bukhârî dans At-Târîkh, Ibn Al-Mundhir, Al-Hâkim, Al-Baïhaqi). At-Tirmidhî a rapporté ce même hadith mais pas avec autant de référence que Abul Aliya, le hadith de celui-ci est considéré plus authentique.
3. Jabir Ibn Abdullah a rapporté qu'un bédouin (d'après d'autres traditions) a dit au prophète d'Allâh, paix et bénédictions de Dieu sur lui : " Parles nous de l'ascendance de ton seigneur. ", Sur ce Allâh exalté soit-il a fait descendre la sourate.(Abû Ya`la, Ibn Jabîr, Ibn Al-Mundhir, At-Tabarânî dans Al-Awsat, Al-Baïhaqî, Abû Nu`aïm dans Al-Hilyah).
4. `Ikrimah a rapporté qu'Ibn `Abbâs a dit qu'un groupe de juifs, parmi eux Ka`b Ibn Ashraf, Huyayy Ibn Akhtab et d'autres, est venu trouver le prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, pour lui dire : " Ô Mohamed , parle nous des attributs de ton seigneur qui t'a envoyé en tant que prophète ". Sur ce Allâh a fait descendre la sourate (Ibn Abî Hâtim, Ibn Adi, Baihaqi dans Al-Asmâ wa As-Sifât).

Quelques autres hadiths cités par Ibn Taimiyyah dans son commentaire sur Sourate Al-Ikhlâs :

5. Anas a rapporté que quelques Juifs de Khaïbar sont venus devant le Prophète paix et bénédictions de Dieu sur lui et ont dit : " O Abu'l-Qâsim, Allâh a créé les anges de lumière, Adam d'argile , Iblis du feu, le ciel de fumée, et le monde de la mousse d'eau. parle-nous Maintenant au sujet de ton Seigneur (de ce dont est-il fait)". Le Prophète paix et bénédictions de Dieu sur lui n'a pas répondu. Alors Gabriel est venu et a dit : " O Muhammad, dis : Huwa Allâhu Ahad (Il est Allâh, Unique)".
6. `Âmir Ibn At-Tufaïl a dit au Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui : " O Muhammad, pour qui nous appelles-tu ? " Le Prophète SAW a répondu : " Pour Allâh ". Amir a dit : " Alors, dis-nous de quoi il est fait, d'or, d'argent, ou de fer " ? Sur ce, cette sourate a été révélée.
7. Dahhak, Qatâdah et Muqâtil ont rapporté que quelques rabbins Juifs sont venus devant le Prophète paix et bénédictions de Dieu sur lui, et ont dit : " O Muhammad, dis-nous qui est votre Seigneur, afin que nous puissions croire en toi. Allâh dans le Torah a fait descendre Sa Description. De grâce, dis-nous de ce dont il est fait, de quel sexe il est... est-il fait d'or, de cuivre ou d'argent ? Mange t-il ? boit-il ? dis-nous aussi de qui a t-il hérité le monde et qui va l'hériter ? ". Sur ce Allâh a fait descendre la sourate.
8. Ibn Abbas a rapporté qu'une députation des Chrétiens de Najrân composée de sept prêtres est allée voir le Prophète paix et bénédictions de Dieu sur lui. Ils lui ont dit : " O Muhammad, dis-nous de quelle substance est fait ton seigneur ?". Le Prophète, qu'Allâh le salue et qu'Il le bénisse, a répondu : " Mon Seigneur n'est pas fait de substance : Il est unique et exalté au-dessus de tout ". Sur cet Allâh a fait descendre cette sourate.

Ces hadiths montrent que différentes personnes à différentes occasions sont venues questionner le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, à propos de l'essence et de la nature d'Allâh à Qui il appelait les gens, et à chaque occasion le Prophète, qu'Allâh le salue et qu'Il le bénisse, récitait sous le commandement d'Allâh cette sourate pour répondre à ces questions. C'est cette question que les païens de Quraïsh ont posé en premier lieu à la Mecque et c'est en réponse à cette question qu'Allâh Exalté soit-Il a fait descendre cette sourate. Parfois c'était les chrétiens de Médine ou d'autres gens d'Arabie qui lui posaient ce genre de question, et à chaque fois le prophète paix et bénédictions de Dieu sur lui, sous l'inspiration divine, récitait cette sourate. Il est dit dans chaque hadith que la sourate a été révélé dans des occasions et des endroits différents, on n'en déduit pas pour autant que ces hadith sont contradictoires. Le fait est qu'à chaque fois, le prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, réponde avec un verset ou une sourate, inspiré par Allâh, à des questions particulières. Il était amené parfois à utiliser les mêmes versets, sous l'inspiration divine, pour répondre à des questions du même genre, mais à des moments différents. Les rapporteurs du hadith ont expliqué que les versets ont été révélés parfois en réponse à des questions posées au prophète d'Allâh, paix et bénédictions de Dieu sur lui, ce qui explique aussi la répétition des révélations à différentes périodes.

Ainsi, cette sourate est mecquoise. Au vu de son contenu, il s'agit d'une sourate qui fut révélée au début de la période mecquoise, à une époque où les versets traitant de l'Essence et les Attributs de Dieu, Exalté Soit-Il, n'avaient pas encore été révélés. Les gens qui entendaient l'appel à Dieu fait par le Prophète voulaient savoir comment était Son Seigneur qu'il adore et à qui il appelle. Une autre preuve encore que cette sourate est parmi les premières sourates mecquoises c'est que, à Mecque, lorsque Umayyah Ibn Khalaf, qui possédait notre maître Bilâl, l'a allongé sur le sable brûlant et mit une lourde pierre sur sa poitrine, Bilâl répétait en pleurant : " Ahad ! Ahad ! ". Ce mot [qui signifie : Il est Unique !] est pris de la sourate.

THÈME ET SUJETS ABORS


L'analyse de ces hadiths nous amène à avoir une idée sur le concept religieux avec lequel le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, a commencé à prêcher le Tawhid (Monothéisme Pur). En ce moment, les polythéistes adoraient des dieux en bois, en argent, en or et d'autres substances. Ces dieux avaient des formes, des allures et des corps. Ils descendaient les uns des autres, il n'y avait pas de déesse sans son mari et pas de dieu sans son épouse. Ils étaient érigés pour nourrir leurs partisans. Beaucoup de polythéistes pensaient que Dieu prenait une forme humaine, et qu'il y avait même certains hommes qui descendaient des dieux.

Bien que les Chrétiens prétendent croire en un Dieu Unique, il n'en est pas moins que leur Dieu avait aussi au moins un fils et en plus du Père et du Fils, le Saint-Esprit avait aussi l'honneur d'être un associé dans la Divinité : au point qu'ils ont attribué à Dieu une mère et une belle-mère aussi.

Les Juifs ont eux aussi prétendu croire à en un seul Dieu, mais leur Dieu n'était pas aussi sans qualités physiques et matérielles, et autres caractéristiques humaines. Il serait apparu sous forme humaine lors d'une promenade, pour faire combat avec un de ses serviteurs et il avait pour fils Uzayr. Sans compter d'autres communautés, comme les zoroastriens qui adoraient le feu et les sabéens qui adoraient les étoiles.

Dans de telles conditions, quand le peuple a été invité à croire en Allâh, Celui Qui n'a aucun associé, il était inévitable que des questions traversent les esprits, sur la nature et l'essence de dieu, qui est-ce dieu en qui on devait croire aux dépens des autres divinités.

C'est un miracle du Coran qui, en quelques mots, a brièvement répondu à toutes les questions et a présenté un concept si clair sur la divinité d'Allâh qu'il a détruit tous les concepts polythéistes, sans laisser de place pour la moindre attribution de caractéristiques humaines à l'Essence Divine.


IMPORTANCE ET MÉRITES


C'est pourquoi le messager d'Allâh, paix et bénédictions de Dieu sur lui, avait une grande estime pour cette sourate, et il a fait comprendre son importance aux musulmans pour qu'ils la récitent fréquemment et la répandent parmi les gens. Elle expose la doctrine fondamentale de l'islam (le Tawhid) en quatre courts versets qui peuvent être lus, récité et mémorisés facilement.

Dans
un grand nombre de hadiths, on rapporte que le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, à plusieurs occasions, a dit que cette sourate était l'équivalent du tiers du Coran. Plusieurs hadiths sur ce sujet ont été rapportés par Al-Bukhari, Abû Dâwûd, Muslim ; An-Nissâ'î, At-Tirmidhî, Ibn Mâjah, Musnad Ahmad, At-Tabarânî et d'autres encore, selon Abû Sa`îd AL-Khudri, Abû Hurayrah, Abû Ayyûb Al-Ansari, Abû Ad-Dardâ', Mu`âdh Ibn Jabal, Jâbir Ibn Abdullah, Ubayy Ibn Ka`b, Umm Kulthûm Bint `Uqbah Ibn Abï Mu`ait, Ibn `Umar, Ibn Mas`ûd, Qatâdah Ibn An-Nu`mân, Anas Ibn Mâlik, et Abû Masûd (Qu'Allâh soit satisfait d'eux).

Plusieur
s commentateurs ont donné différentes explications sur ce qu'a dit le prophète d'Allâh, paix et bénédictions de Dieu sur lui, à propos de cette sourate. Mais à notre avis, c'est une simple définition montrant que la religion, présentée dans le coran, est basée sur trois doctrines : Le Tawhid, l'apostolat et l'Au-delà. Cette sourate nous apprend le Tawhid dépourvu de toute impureté. C'est pourquoi le prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, l'a considérée comme le tiers du saint coran.

Selon Aïsha
, radiallâhu `anhâ, le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, envoya un homme à la tête d'une expédition. Celui-ci, pendant le voyage, concluait la citation dans chacune de ses prières avec " qoul huwa Allâhou Ahad " (Dis : Il est Allâh, Unique). A leur retour, les compagnons ont rapporté ce fait au prophète d'Allâh, paix et bénédictions de Dieu sur lui. Il leur a dit : " demandez-lui pourquoi il a fait cela ". Quand on a demandé à cet homme la raison pour laquelle il récitait cette sourate dans chacune de ses prières, il a répondu : " Dans cette sourate, sont révélés les Attributs d'Allâh, Le Miséricordieux, c'est pourquoi j'aime toujours la réciter. " Quand le prophète d'Allâh, paix et bénédictions de Dieu sur lui, a entendu cette réponse, il a dit aux compagnon : " informez-le qu'Allâh l'aime et l'estime grandement ".

Un hadith semblable a été rapporté par Al-Bukhari, selon Anas : Un homme parmi Al-Ansâr a mené les prières dans la mosquée de Quba. Il récitait à chaque rak`aat (génuflexion) une sourate en plus de sourate Al-Ikhlâs. Les gens s'y sont opposés en lui disant que cette sourate suffisait, qu'il devait ou bien la réciter isolément ou en récitait une autre. Il leur a répondu qu'il ne pouvait pas laisser cette sourate, et qu'il préférait renoncer à mener la prière s'il le fallait. Ils l'ont remplacé par quelqu'un d'autre pour la direction de la prière. Cette histoire a été rapportée au Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, qui demanda à l'homme : " qu'est-ce qui vous a empêché de céder aux souhaits de tes compagnons, et pourquoi récites-tu cette sourate à chaque rak`ah (génuflexion) ? L'homme a répondu : " j'ai beaucoup d'amour pour cette sourate ". Le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, lui a dit : " Ton amour pour cette sourate t'a fait gagner l'entrée au Paradis ".



Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le mardi 19 août 2008 06:22

.::Surat Al-Masad (La Corde) [111]::.

NOM

Cette sourate tire son nom du mot lahab dans le premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Bien que les commentateurs sont unanimement d'avis qu'il s'agisse d'une sourate mecquoise, il est néanmoins difficile de déterminer dans quelle phase de la période mecquoise elle a été révélée. Néanmoins, étant donné le rôle et l'attitude de Abû Lahab contre le message de Vérité du Saint Prophète, on peut supposer qu'elle a été révélée durant la période où il a dépassé toutes les limites dans son hostilité démente envers celui-ci, et où son attitude devenait un sérieux obstacle à la progression de l'Islam. Elle pourrait aussi avoir été révélée durant la période où les Qurayshites ont imposé un embargo contre le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) et les siens, les assignant de force à habiter Shi`b Abî Tâlib, et où Abû Lahab fut la seule personne à rallier l'ennemi contre sa propre famille. Cette hypothèse est fondée sur le fait que Abû Lahab était l'oncle du Saint Prophète, et que la condamnation publique de l'oncle de la bouche du neveu n'était concevable qu'à partir du moment où les excès extrêmes commis par l'oncle sont devenus visibles pour tous. Si la sourate avait été révélée plus tôt, au début de la période mecquoise, les gens auraient jugé une telle condamnation d'un oncle par son neveu moralement inconvenante.

ARRIERE-PLAN


Il s'agit ici du seul endroit dans le Quran où l'un des ennemis de l'Islam est condamné nominalement, alors qu'à la Mecque aussi bien qu'à Médine, après la migration, il y avait beaucoup de gens tout aussi hostiles à l'Islam et au Prophète Muhammad (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) qu'Abu Lahab. La question est, quel est le trait de caractère de cette personne qui suscita cette condamnation nominale ? Pour comprendre ceci, il faut comprendre la société Arabe de l'époque et le rôle qu'Abu Lahab y jouait.

Dans les temps anciens prévalaient en Arabie chaos et confusion, bains de sang et pillages. Depuis des lustres une personne n'avait aucune garantie quant à la protection de sa vie, de son honneur et de ses biens à l'exception de l'aide et du soutien des membres de son clan et de sa famille, donc silat ar-rahim (la bienfaisance et l'égard envers les proches) était une importante valeur morale dans la société Arabe et rompre ses liens avec la famille était considéré comme un grand péché. Sous l'influence de cette même tradition Arabe quand le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) commença de prêcher le message de l'Islam, les autres clans de Quraish et leurs chefs résistèrent et s'opposèrent à lui bec et ongle, mais les Banî Hâshim et Banî al-Muttalib (enfants d'al-Muttalib, frère de Hâshim) non seulement ne s'opposèrent pas à lui mais continuèrent à le soutenir ouvertement, même si la plupart d'entre eux ne croyaient pas encore en sa mission prophétique. Les autres clans de Quraish eux-mêmes considéraient ce soutien par ceux du même sang que le Saint Prophète comme en accord parfait avec les traditions morales d'Arabie. C'est pourquoi ils n'accusèrent jamais les Banî Hâshim et Banî al-Muttalib d'avoir abandonné leur foi ancestrale en soutenant un personne qui prêchait une nouvelle foi. Ils savaient et croyaient qu'ils ne pouvaient en aucun cas livrer une personne de leur clan aux ennemis, et leur soutien et leur aide d'un des membres de leur clan était parfaitement naturel aux yeux des Quraish et des peuples d'Arabie.

Ces principes moraux, que même les Arabes de la période d'ignorance pré-islamique, considéraient comme dignes de respect et inviolables n'ont été brisés que par un homme dans son inimité de l'Islam, et c'était Abû Lahab, fils de `Abd Al-Muttalib. Il était un oncle du Saint Prophète, dont le père et lui étaient fils du même père. En Arabie, l'oncle représentait le père, surtout lorsque le neveu n'avait plus son père. L'oncle était supposé s'occuper du neveu comme d'un de ses propres enfants. Mais cet homme dans son hostilité envers l'Islam et son amour du kufr foula toutes les traditions Arabes du pied.

Les narrateurs relatent d'après Ibn `Abbâs avec plusieurs chaînes de transmissions que quand le Saint Prophète fut ordonné de révéler ouvertement le message de l'Islam, et qu'il reçut l'instruction dans le Coran d'avertir d'abord tous ses parents les plus proches de la punition de Dieu, il gravit le mont Safâ un matin et donna l'alerte : Ya sabâhah (Ô, calamité du matin !). Cette alerte en Arabie était donnée par la personne qui à l'aube remarquait une tribu ennemie se dirigeant vers sa tribu. Quand le Saint Prophète fit cet appel, les gens s'enquirent de savoir qui l'avait émis. On leur dit que c'était Muhammad (que la paix d'Allah soit sur lui). Les gens de tous les clans de Quraish se précipitèrent dehors. Tous ceux qui le pouvaient, vinrent ; ceux qui en étaient incapables envoyèrent un autre à leur place. Quand le peuple se fut rassemblé, le Saint Messager appelant chaque clan de son nom (O Banî Hâshim, O Banî `Abd Al-Muttalib, O Banî Fihr...) dit : "Si je devais vous dire que derrière la colline se tenait un ennemi près à s'abattre sur vous, me croiriez vous ?" Les gens répondirent d'une voix, disant qu'ils ne l'avaient jamais entendu dire un mensonge. Le Saint prophète dit : "Alors je vous préviens que vous vous allez droit vers le tourment." Avant que personne d'autre ne puisse parler, Abu Lahab, l'oncle du Saint prophète dit : "Puisses tu périr ! Nous as tu réunis pour cela ?" Une autre tradition ajoute qu'il saisit une pierre et la jeta sur le Saint Prophète. (Musnad Ahmad, Bukhari, Muslim, Tirmidhi, Ibn Jarîr, et d'autres).

Selon Ibn Zaid, un jour Abû Lahab demanda au Saint Prophète : "Si je souhaitais accepter ta religion, qu'obtiendrais-je ?" Le Saint prophète répondit : "Tu obtiendrais ce qu'obtiendraient les autres croyants." Il dit : "N'y a-t-il pas de préférence ou de distinction pour moi ?" Le Saint prophète répondit : "Que voudrais-tu d'autre ?" Il dit alors "Que périsse cette religion dans laquelle moi et tous les autres gens sont égaux et semblables !" (Ibn Jarîr).

A Makkah Abû Lahab était le voisin immédiat du Saint Prophète. Leurs maisons étaient mitoyennes. A part lui, al-Hakam Ibn Al-`Âs (Père de Marwân), `Uqbah Ibn Abi Muait, Adi Ibn Hamra et Ibn al- Asda il-Hudhali étaient aussi ses voisins. Ces gens ne le laissaient pas en paix même au sein de sa maison. Parfois quand il faisait la Prière, ils jetaient des tripes de chèvre sur lui ; parfois quand de la nourriture cuisait dans la cours, ils jetaient des saletés dedans. Le Saint Prophète sortait et disait : "O Banâ `Abd Manâf, quel type de voisinage est-ce là ?" La femme d'Abû Lahab, Umm Jamîl (la s½ur d'Abû Sufyân), avait pour habitude de déposer des épines à sa porte la nuit pour qu'au petit matin ses enfants ou lui se plantent des épines dans le pied. (Al-Bayhaqî, Ibn Abi Hâtim, Ibn Jarir, Ibn `Asâkir, Ibn Hishâm).

Avant la proclamation de la mission prophétique, deux des filles du Saint Prophète étaient mariées à deux des fils d'Abû Lahab, `Utbah et `Utaybah. Après l'appel du Saint Prophète pour rallier les gens à l'Islam, Abû Lahab dit à ses deux fils : "Je ne m'autoriserai pas à vous voir tant que vous n'aurez pas divorcés des filles de Muhammad (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui). Ils divorcèrent tous deux de leurs femmes. `Utaybah en particulier devint si méchant dans sa malveillance qu'un jour il vint au Prophète et dit : "Je répudie "An-najmi idha hawâ" et "Alladhi dana fatadalla" et cracha sur lui, mais son crachat ne l'atteint pas. Le Saint Prophète pria : "O Dieu, soumets-le à l'un de tes chiens." Plus tard, `Utaybah accompagna son père dans un voyage en Syrie. Durant le trajet, la caravane s'arrêta en un lieu qui, selon les habitants de l'endroit, était fréquenté par les bêtes sauvages la nuit. Abû Lahab dit à ses compagnons, les Quraish : "Faites tout le nécessaire pour la protection de mon fils, car je crains la malédiction invoquée par Muhammad (que la paix d'Allah soit sur lui)." Ainsi, les gens firent s'asseoir leurs chameaux tout autour de `Utaybah et allèrent dormir. La nuit, un tigre vint, traversa le cercle des chameaux et déchiqueta `Utaybah. (Ibn `Abd Al-Barr dans Al-Istî`âb ; Ibn Hajar dans Al-Isâbah ; Abu Nu`aym al-Isfahânî dans Dalâ'il An-Nubuwwah ; As-Suhaylî dans Ar-Rawd Al-Anif). Il y a une divergence de points de vue. Certains observateurs disent que le divorce eut lieu après la proclamation de la mission prophétique et d'autres disent qu'il eut lieu après la révélation de Tabbat yadâ Abî Lahab [1]. Il y a aussi une divergence pour savoir si le fils d'Abû Lahab était `Utbah ou `Utaybah. Mais on sait qu'après la conquête de Makkah (La Mecque), `Utbah embrassa l'Islam et prêta serment d'allégeance au Saint Prophète. Donc il s'avère qu'il s'agissait plutôt de `Utaybah.)

La méchanceté d'Abû Lahab s'illustre clairement par le fait qu'après la mort du fils du Saint Prophète, Qâsim, son deuxième fils, `Abdullah mourut aussi ; au lieu de compatir avec son neveu dans son deuil, il s'empressa d'annoncer la nouvelle joyeusement aux chefs de Quraish pour leur annoncer que Muhammad (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) était maintenant sans enfants. Nous avons déjà relaté cet épisode dans le commentaire de la Surah Al-Kawthar.

Partout où le Saint Prophète se rendait pour prêcher le message de l'Islam, cet homme (i.e. Abû Lahab) le suivait et empêchait les gens de l'écouter. Rabî`ah Ibn `Abbâd Ad-Dill a rapporté : "J'étais un jeune garçon quand j'accompagnais mon père vers Dhul-Majâz. Là, je vis le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) disant : 'Ô peuple, dites : il n'y a d'autre divinité qu'Allah, vous atteindrez le succès.' Derrière lui, je vis un homme qui disait aux gens : 'c'est un menteur : il se détourne de sa foi ancestrale.' Je demandai : "Qui est-ce ?" On me répondit : c'est son oncle, Abû Lahab." (Musnad Ahmad, al-Bayhaqî). Une autre tradition de Rabî`ah relate : "Je vis que le Saint Prophète allait au lieu de halte de chaque tribu et disait : 'O, enfants de tel ou tel, j'ai été nommé Prophète d'Allah pour vous. Je vous exhorte à n'adorer qu'Allah et à ne lui associer personne. Aussi, affirmez votre foi en moi et joignez vous à moi, que je puisse accomplir la mission pour laquelle j'ai été envoyé.' Non loin derrière lui, il y avait un homme disant : 'O, enfants de tel ou tel, il vous détourne d'al-Lât et al-`Uzzâ et vous invite à une religion d'erreur et d'innovation qu'il a amené. N'écoutez pas ce qu'il dit et ne le suivez pas.' Je demandai à mon père : qui est ce ? Il me dit : c'est son oncle, Abû Lahab." (Musnad Ahmad, at-Tabarânî). Târiq Ibn `Abdullâh al-Muhâribî rapporte une tradition similaire. Il dit : "Je vis à la foire de Dhul-Majâz que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) exhortait les gens, disant : 'O, peuple, dites il n'y a de Dieu qu'Allâh, vous atteindrez le succès', et derrière lui un homme le suivait et lui jetait des pierres jusqu'à ce que ses talons saignent, et disait aux gens : "Ne l'écoutez pas, c'est un menteur.' Je demandai aux gens qui il était. Ils dirent que c'était son oncle, Abû Lahab." (Tirmidhi).

Dans la 7ème année de la mission prophétique, quand tous les clans de Quraish boycottèrent les Banî Hâshim et Banî Al-Muttalib socialement et économiquement, et que ces deux clans restèrent fermes dans le soutien du Saint Prophète, et furent assiégés à Shi`b Abî Tâlib, Abû Lahab fut la seule personne à s'allier avec les Quraish mécréants contre son propre clan. Ce boycott dura trois ans, au point que les Banî Hâshim et Banî al-Muttalib commencèrent à mourir de faim. Mais ceci n'émut Abû Lahab en aucune façon. Quand une caravane marchande arrivait à Makkah et que l'une des personnes bannies dans Shi`b Abî Tâlib s'en approchait pour acheter à manger, Abû Lahab criaient aux marchands d'exiger un prix prohibitif, leur disant qu'il compenserait leur manque à gagner. Ainsi, ils exigeaient un prix exorbitant et le pauvre client devait retourner les mains vides vers ses enfants affamés. Alors Abû Lahab leur achetait les mêmes articles au prix du marché. (cf. Ibn Sa`d & Ibn Hishâm).

Du fait des ces mauvais agissements, cet homme fut condamné nominativement dans cette Surah, et il y avait une nécessité particulière à cela. Quand le propre oncle du Saint Prophète le suivait et s'opposait à lui devant les Arabes venus pour le pèlerinage de l'extérieur de Makkah, ou ceux rassemblés aux diverses foires, ils voyaient cela comme allant à l'encontre des traditions Arabes établies qu'un oncle accable son neveu sans raison, lui lance des pierres et lui lance de fausses accusations en public. Ils étaient donc influencés par les dires d'Abû Lahab et étaient enclins à douter du Saint Prophète (que la paix soit sur lui). Mais quand cette Surah fut révélée et qu'Abû Lahab, plein de rage, commença à proférer des absurdités, les gens réalisèrent que ce qu'il disait à l'encontre du Saint Prophète n'était pas digne de confiance du tout, car tout ce qu'il disait était à mettre sur le compte de sa folle hostilité envers son neveu.

De plus, quand son oncle fut condamné nominativement, les gens qui s'attendaient à ce que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) puisse favoriser ses proches en matière de religion furent frustrés à jamais. Quand le nom du propre oncle du Saint Messager fut mené sur la place publique, les gens comprirent qu'il n'y avait pas de place pour le favoritisme et la partialité dans la foi. Un étranger à la famille pouvait devenir un proche s'il croyait, et un proche parent pouvait devenir un étranger s'il mécroyait. Ainsi il n'y a pas de favoritisme pour les liens du sang en religion.


Notes :
1. Cette sourate est plus connue sous le nom de "al-masad" (i.e. Les Fibres) d'après le dernier mot de la sourate ou encore sous le nom de "tabbat", le premier mot de la sourate comme c'est souvent le cas avec les courtes sourates de la fin du Coran.



Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 16:44

Modifié le samedi 16 août 2008 17:30

.::Surat An-Naṣr (Le Secours) [110]::.


NOM

Cette sourate tire son nom du mot naṣr cité dans le premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Notre maître `Abdullah Ibn `Abbâs déclare qu'il s'agit là de la dernière sourate du Coran à être révélée, c'est-à-dire qu'aucune autre sourate complète/entière n'a plus été envoyée au Saint Prophète après cela. (rapporté par Muslim, An-Nasâ'î, At-Tabarânî, Ibn Abî Shaybah, Ibn Mardaweih). Selon notre maître `Abdullâh Ibn `Umar, cette sourate a été révélée à l'occasion du Pèlerinage d'Adieu le jour correspondant au milieu des Journées de Tashrîq à Minâ, et après cela le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) monta sur sa chamelle et donna son fameux Sermon. (At-Tirmidhî, Al-Bazzâr, Al-Bayhaqî, Ibn Abî Shaybah, `Abd Ibn Humayd, Abû Ya`lâ, Ibn Mardaweih). Dans Kitâb Al-Hajj, Al-Bayhaqî rapporte de la tradition de Sârrah Bint Nabhân - qu'Allâh l'agrée - le sermon que le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) donna à cette occasion. Elle dit : "Lors du Pèlerinage d'Adieu, j'ai entendu le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) dire : "O gens, savez-vous quel jour nous sommes ?" Ils répondirent : "Allah et son Messager savent mieux." Il dit : "C'est le jour du milieu des Journées de Tashrîq." Puis il ajouta : "Savez-vous quel est cet endroit ?" Ils répétèrent : "Allah et son Messager savent mieux." Il leur dit : "Nous sommes à Al-Mash`ar Al-Harâm (le Sanctuaire Sacré)." Puis il ajouta : " Qui sait ? Je ne vous rencontrerai probablement plus ici de nouveau. Prenez garde, n'éffusez pas mutuellement votre sang et ne souillez pas votre honneur, jusqu'à ce que vous vous présentiez devant votre Seigneur et Il vous interrogera sur vos actes. Ecoutez : Que celui qui est proche transmettre le Message à celui qui est loin. Ecoutez : Vous ai-je communiqué le Message ? " Ensuite, lorsque nous retournâmes à Médine, le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) mourut quelques jours après cela.

Si ces deux traditions sont lues ensemble, il apparaît qu'entre la révélation de la sourate An-Nasr et la mort du Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui), il y avait un intervalle de trois mois et quelques jours car historiquement le même intervalle séparait le Pèlerinage d'Adieu et la mort du Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui).

Ibn `Abbâs dit que lorsque cette sourate fut révélée le Saint Prophète disait qu'il était informé de sa mort prochaine et que son heure approchait. (Musnad Ahmad, Ibn Jarîr, Ibn Al-Mundhir, Ibn Mardaweih). D'après les autres traditions rapportées de notre maître `Abdullâh Ibn `Abbâs, à la révélation de cette sourate, le Saint Prophète comprit qu'Allah l'informait de son départ de ce monde (Musnad Ahmad, Ibn Jarîr, Ibn Abî Hâtim, At-Tabarânî, An-Nasâ'î, Ibn Abî Hâtim, Ibn Mardaweih) .

La Mère des Croyants, Omm Habîbah, dit que lorsque cette sourate fut révélée le Saint Prophète disait qu'il quitterait ce monde dans la même année. En entendant cela Fâtimah - qu'Allâh l'agrée - pleura. A cela, il dit : "Parmi ceux de ma famille, tu seras la première à me rejoindre." En entendant cela, elle se mit à rire. (Ibn Abî Hâtim, Ibn Mardaweih) Al-Bayhaqî reprend une tradition de Ibn `Abbâs de la même teneur à peu près.

Ibn `Abbâs dit : "`Umar - qu'Allâh l'agrée - avait l'habitude de m'inviter à son assemblée aux cotés de Compagnons importants plus âgés qui avaient combattus à Badr. Cela ne plaisait pas à certains d'entre eux. Ils se plaignirent disant qu'ils avaient eux aussi des jeunes garçons comme moi. Pourquoi avais-je le privilège d'être invité à m'asseoir dans cette assemblée ? (Imâm Al-Bukhârî et Ibn Jarîr ont souligné que c'était là le propos de notre maître `Abd Ar-Rahmân Ibn `Awf). `Umar - qu'Allâh l'agrée - dit que le garçon que j'étais jouissait de cette position et de cette distinction en raison de mon savoir. Alors, un jour, il invita les Compagnons de Badr et m'appela également pour que je m'asseye avec eux. J'ai compris qu'il m'avait invité à l'assemblée pour prouver son affirmation.

Pendant la conversation, `Umar - qu'Allâh l'agrée - demanda aux compagnons de Badr : "Qu'est-ce que vous dites de (la sourate) : "idhâ jâ'a nasrullâhi wal-fath ?". Certains répondirent : "Elle nous incite à louer Allah et à demander Son pardon quand Il nous secourt et que nous atteignons la victoire." Certains dirent qu'elle parlait de la conquête des villes et des forteresses. D'autres restèrent silencieux. Alors, `Umar - Allâh l'agrée - demanda : "Ibn `Abbâs, penses-tu la même chose ?" Je répondis que non. Alors, il demanda : "Quelle est ton opinion alors ?" J'expliquai que cela faisait référence à la dernière heure du Messager (paix et bénédictions d'Allah sur lui). Cette sourate l'informait que l'arrivée du secours d'Allah et l'obtention de la victoire seraient les signes de son heure prochaine. Par conséquent, il se devait de prier Allah et de demander Son Pardon. A cela `Umar - qu'Allâhg l'agrée - dit : "Je ne connais que ce que tu as dit." Dans une autre tradition, on rajoute que `Umar - qu'Allâh l'agrée - dit aux Compagnons : "Comment pouvez-vous me blâmer quand vous avez vu vous-même pourquoi j'invite ce garçon à se joindre à nous."( Al-Bukhârî, Musnad Ahmad, At-Tirmidhî, Ibn Jarîr, Ibn Mardaweih, Al-Baghawî, Al-Bayhaqî, Ibn Al-Mundhir) .


THÈME ET SUJETS ABORS


Comme le montrent les traditions ci-dessus, à travers cette sourate Allah avait informé Son Messager (paix et bénédictions d'Allah sur lui) que lorsque l'Islam aurait atteint une complète victoire en Arabie et que les gens commenceraient à entrer dans la religion d'Allah en nombres importants, cela voudrait alors dire que la mission pour laquelle il a été envoyé dans ce monde aura été accomplie. Puis, Allah lui recommande de se consacrer à Le louer et Le glorifier, car c'est grâce à la bonté d'Allah qu'il a été capable d'accomplir cette tâche énorme et il devrait implorer Son pardon pour tout échec et toute faiblesse qu'il aurait pu montrer dans l'accomplissement de sa mission.

Ici, par cette petite considération, on peut facilement voir la grande différence qu'il y a entre un Prophète et un quelconque dirigeant sur terre. Si, au cours de sa vie, un leader est capable de créer une révolution qui fait l'objet de sa lutte, ce serait l'occasion de jubiler pour lui. Mais, dans le cas du Prophète, nous assistons à un phénomène tout autre. Le Messager d'Allah en l'espace de 23 petites années, révolutionna une nation entière qu'il s'agisse de ses croyances, ses pensées, ses coutumes, sa morale, sa civilisation, ses modes de vie, son économie, sa politique, ou sa capacité de lutte. Il l'éleva de l'état de l'ignorance et de barbarisme et il lui permit de conquérir le monde et de devenir l'une des nations dominantes. Pourtant malgré son succès dans l'accomplissement de sa mission unique, il ne fut pas invité à le célébrer mais plutôt à glorifier, à louer Allah et à prier pour son pardon et il se conforma humblement à ce commandement.

La Mère des Croyants Aïshah dit : "Avant sa mort, le Saint Prophète(paix et bénédictions d'Allah sur lui) avait l'habitude de dire souvent : Subhânak Allâhumma wa bihamdika astaghfiruka wa atûbu ilayka (Dieu, Gloire et Louange à Toi, j'implore Ton pardon et je me repens à Toi) ; selon d'autres traditions : Subhân Allâhi wa bihamdihi astaghfirullâha wa atûbu ilayhi (Gloire et Louanges à Dieu, j'implore Son pardon et je me repens à Lui). Je demandais : O Messager d'Allah, quels sont ces nouveaux mots que tu répètes ? Il répondit : On m'a indiqué un signe qui quand je le verrais, je devrais répéter ces mots et ce signe est : idhâ jâ'a nasrullâhi wal-fath. " (Musnad Ahmad, Muslim, Ibn Jarîr, Ibn al-Mundhir, Ibn Mardaweih). Dans d'autres traditions sur le même sujet, Aïshah - qu'Allâh l'agrée - narre que le Saint Prophète répétait souvent les paroles suivantes dans son inclinaison (rukû `) et sa prosternation (sujûd) : Subhânak Allâhumma wa bihamdika, Allahumma-ghfirlî (Dieu, Gloire et Louange à Toi, accorde moi Ton pardon). Telle est l'interprétation du Coran (c'est-à-dire de la sourate An-Nasr) qu'il avait faite. (Al-Bukhârî, Muslim, Abû Dawûd, An-Nasâ'î, Ibn Mâjah, Ibn Jarîr).

La Mère des Croyants Omm Salamah narre que, pendant ses derniers jours, le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) répétait souvent les paroles suivantes quand il était assis, quand il était debout, quand il sortait de la maison et quand il y revenait : Subhân Allâhi wa bihamdihi. Un jour, je lui ai demandé : " Pourquoi répètes-tu ces paroles si souvent, ô Messager d'Allah ? " Il répondit : "On m'a enjoint de le faire." Puis il récita cette sourate. (Ibn Jarîr).

Selon notre maître `Abdullâh Ibn Mas`ûd, quand cette sourate fut révélée, le Messager d'Allah (paix et bénédictions d'Allah sur lui) se mit à réciter souvent les mots : Subhânak Allâhumma wa bihamdika, Allahumma-ghfirlî subhânaka Rabbanâ wa bihamdika, Allahumma-ghfirlî, innaka anta at-tawwâb ul-ghafûr.(Ibn Jarîr, Musnad Ahmad, Ibn Abî -Hâtim).

Ibn `Abbâs déclara qu'après la révélation de cette sourate le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) se mit à ½uvrer avec ardeur et dévouement pour la vie dans l'Au-delà, comme il ne l'avait jamais fait auparavant.




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 16:39

.::Surat Al-Kafiroun (Les Négateurs) [109]::.


NOM

La sourate tire son nom du mot al-Kafiroun cité dans le premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Nos maîtres `Abdullâh Ibn Mas`ûd, Al-Hasan Al-Basrî et `Ikrimah, affirment que cette sourate est mecquoise, alors que notre maître `Abdullâh Ibn Az-Zubayr dit qu'elle est médinoise. Notre maître `Abdullâh Ibn `Abbâs et Qatâdah rapportent deux points de vue différents : le premier étant qu'il s'agit d'une sourate mecquoise et le second étant qu'il s'agit d'une sourate médinoise. Cependant, selon la majorité des commentateurs, il s'agit d'une sourate mecquoise. Le sujet lui-même, d'ailleurs, indique que c'est une révélation mecquoise.

CONTEXTE HISTORIQUE


C'était à l'époque où malgré une tempête d'oppositions, à La Mecque, soulevée dans la société païenne des Quraysh à l'encontre du message de l'islam prêché par le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allâh sur lui), les chefs Qourayshites n'avaient pas encore perdu l'espoir d'atteindre une sorte de compromis avec lui. Par conséquent, de temps en temps, ils lui rendaient visite avec différentes propositions de compromis afin qu'il en accepte une et que le différend entre eux se termine enfin. En rapport avec ces événements, de nombreuses traditions ont été mentionnées dans les hadiths.

Selon notre maître `Abdullah Ibn `Abbâs, les Qurayshites dirent au Saint Prophète : " Nous te donnerons tellement de richesses que tu deviendras l'homme le plus riche de La Mecque ; nous te donnerons n'importe laquelle des femmes qui te plaisent en mariage ; nous sommes prêts à te suivre et à t'obéir comme notre chef, à la seule condition que tu ne dises pas de mal de nos dieux. Si cela ne te convient pas, nous te ferons une autre proposition qui sera aussi bien à ton avantage qu'au nôtre. " Quand le Saint Prophète demanda en quoi elle consistait, ils dirent que s'il adorait leurs dieux, Al-Lât et Al-`Uzzâ, pendant un an, ils adoreraient son Dieu pour le même laps de temps. Le Saint Prophète dit : " Attendez un instant ; laissez-moi voir ce que mon Seigneur ordonne à ce sujet. " C'est alors que la révélation descendit : " Qul yâ-ayyuha-l-Kâfirûn... " ("Dis, ô vous les mécréants") et : " Qoul afa-ghair Allahi... " (Az-Zoumar:64) : " Dis leur:peuple ignorant !M'ordonnez-vous d'adorer d'autres divinités qu'Allah ? " (Ibn Jarîr,Ibn Abî Hâtim, At-Tabarânî). Selon une autre tradition de Ibn `Abbâs, les Qouraish dirent au Saint Prophète : " Ô Muhammed, si tu embrasses nos dieux, les idoles, nous adorerons ton Dieu. " Suite à cela, la sourate a été révélée. (`Abd Ibn Humayd)

Sa`îd Ibn Minâ (l'esclave affranchi d'Abû Al-Bakhtari) a raconté qu'Al-Walîd Ibn Al-Mughîrah, Al-`Âs Ibn Wâ'il, Al-Aswad Ibn Al-Muttalib et Umayyah Ibn Khalaf rencontrèrent le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) et lui dirent : " Ô Muhammed (paix et bénédictions d'Allah sur lui) , convenons que nous adorerons ton Dieu et que tu adoreras nos dieux, et nous ferons de toi un associé dans toutes nos affaires. Si ce que tu as apporté est meilleur ce que nous possédions, nous nous y associerons avec toi et nous aurons notre part ; et si ce que nous possédons est meilleur que ce tu as apporté, tu seras un de nos associés et tu auras également ta part. " Alors Allâh fit descendre : " Qul yâ ayyuha-l-kâfirûn... " (Ibn Jarîr, Ibn Abî Hâtim, Ibn Hishâm a également rapporté cet incident dans la Sîrah) .

Wahb Ibn Munabbih narre que les Qourayshites avaient dit au Messager d'Allah : " Si tu le veux, nous embrasserons ta croyance pendant une année et tu embrasseras notre croyance pendant une année . "(`Abd Ibn Humayd, Ibn Abî Hâtim) .

Ces traditions montrent que les Qouraish ne s'étaient pas contentés de faire ces propositions au Saint Prophète une seule fois lors d'une assemblée en particulier, mais à différents moments et en différentes occasions. Et il était nécessaire de leur donner une réponse définitive et tranchée afin que leur espoir d'accord avec le Prophète selon le principe du " donnant-donnant" soit frustré à jamais.

THÈME ET SUJETS ABORS


Si la sourate est lue avec ce contexte à l'esprit, on comprend alors qu'elle a été révélée non pas pour prêcher la tolérance religieuse comme nombreux semblent le penser aujourd'hui ; mais afin d'exonérer les musulmans de la religion des mécréants, de leurs rites d'adoration et de leurs dieux ; afin d'exprimer leur dégoût total et leur insouciance vis à vis d'eux ; et afin de leur dire que l'Islam et le koufr (la mécréance) n'avaient rien en commun et qu'il était impossible de les combiner et de les mélanger en une entité. Bien qu'au début, elle s'adressait aux Qouraish mécréants en réponse à leurs propositions de compromis, elle ne se limite pourtant pas à eux seuls. Faisant partie du Coran, cette sourate inculque aux musulmans l'enseignement éternel d'Allâh selon lequel ils doivent s'affranchir à travers leurs mots et leurs actions des principes du koufr ,et ce quels que soient l'endroit et la forme. Ils doivent déclarer sans aucune réserve qu'ils ne peuvent faire aucun compromis avec les mécréants en matière de foi. C'est pourquoi cette sourate a continué à être récitée après la mort et l'oubli des gens auxquels elle était adressée comme une réplique ; les musulmans croyants au moment de sa révélation continuèrent à la réciter, et les musulmans la récitent encore des siècles après leur disparition, car l'expression de dégoût et la dissociation du koufr et de ses rites est une exigence perpétuelle de la Foi.

En ce qui concerne l'estime en laquelle le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) tenait cette sourate, on peut en juger par les quelques hadiths suivants :

Notre maître `Abdullâh ibn `Umar (puisse Allah être satisfait de lui) a rapporté qu'à plusieurs reprises, il entendit le Saint Prophète réciter la sourate "Qul yâ ayyuha-l-kâfirûn" (la présente sourate) et "Qul huwa Allâhu ahad" (sourate 112) dans les deux rak`aat précédant la prière prescrite de Fajr et dans les deux rak`aat suivant la prière prescrite de Maghrib. Plusieurs traditions sur ce sujet avec une petite variation dans la formulation ont été narrées par les Imâms Ahmad, At-Tirmidhî, An-Nasâ'î, Ibn Mâjah, Ibn Hibbân, Ibn Mardaweih selon Ibn `Umar.

Notre maître Khabbâb dit : " Le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) me dit : " Quand tu t'allonges dans ton lit avant de dormir, récite "Qul yâ ayyuha-l-Kâfirûn. ", et c'était justement l'habitude du Prophète ; quand il s'allongeait pour dormir de réciter cette sourate. "( Al-Bazzâr, At-Tabarânî, Ibn Mardaweih)

Selon Ibn `Abbâs, le Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) disait aux gens : " Voulez-vous que je vous dise une parole qui vous protégera du polythéisme ? Il suffit de réciter "Qul yâ ayyuha-l-Kâfirûn" quand vous vous apprêtez à dormir. "(Abû Ya`lâ, At-Tabarânî) Notre maître Anas dit que le Saint Prophète dit à notre maître Mu`âdh Ibn Jabal : " Récite Qul yâ ayyuha-l-Kâfirûn au moment d'aller dormir, car c'est une immunité contre le polythéisme. " (Al-Bayhaqî dans Ash-Shu`ab)

Fardah bin Nawfal et `Abd Ar-Rahmân Ibn Nawfal ont tout deux déclaré que leur père Nawfal Ibn Mu`âwiyah Al-Ashja`î, dit au Saint Prophète (paix et bénédictions d'Allâh sur lui) : " Enseigne-moi quelque chose que je puisse réciter en me couchant. " Le Saint Prophète répondit : " Récite "Qul yâ ayyuha-l-Kafiroun" jusqu'à la fin et puis dors, car c'est une immunité contre le polythéisme. " (Musnad Ahmad, Abû Dâwûd, At-Tirmidhî, An-Nasâ'î, Ibn Abî Shaybah, Al-Hâkim, Ibn Mardaweih, Al-Bayhaqî dans Ash-Shu`ab). Notre maître Jabalah Ibn Hârithah, le frère de notre maître Sa`îd Ibn Hârithah avait fait une requête similaire au Saint Prophète et il lui donna la même réponse. Musnad Ahmad, At-Tabarânî)




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 16:35

.::Surat Al Kawthar (Les Faveurs) [108]::.

NOM

Cette sourate a été nommée ainsi à cause du mot al-kawthar qui se trouve dans le premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Ibn Mardaweih a cité`Abdullah Ibn `Abbas, `Abdullah Ibn Az-Zubayr et `Â'ishah disant que cette sourate était mécquoise. Kalbî et Muqâtil la considéraient également mecquoise, et il en est de même pour la majorité des commentateurs. Mais Al-Hasan Al-Basrî, `Ikrimah, Mujâhid et Qatâdah la considéraient comme médinoise. L'Imâm As-Suyûtî dans Al-Itqân a confirmé ce point de vue, et l'Imâm An-Nawawî dans son commentaire du Sahih Muslim a également préféré cette opinion. Cette supposition s'explique par la tradition rapportée par le narrateurs de hadîth du rang de l'Imâm Ahmad, Muslim, Mâlik, Abû Dâwûd, An-Nasâ'î, Ibn Abi Shaybah, Ibn Al-Mundhir, Ibn Mardaweih, Al-Bayhaqî et d'autres selon laquelle Anas Ibn Mâlik avait dit : « Alors que le saint Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui - était parmi nous, il somnola, puis il releva sa tête, souriant. Selon certaines traditions, les gens lui ont demandé pourquoi il souriait, selon d'autres, il leur a lui-même dit qu'une sourate venait juste de lui être révélée. Puis, commençant par "Bismillâh Ar -Rahmân Ar -Rahîm" (Au Nom de Dieu le Clément le Miséricordieux), il a récité la sourate d'Al-Kawthar, puis il demanda aux gens s'ils savaient ce que s'était que le Kawthar. Ils répondirent qu'Allah et Son Messager avaient la meilleure connaissance, il dit : c'est une rivière qu'Allâh m'a accordée au Paradis. » ( les détails seront donnés ci-dessous sous l'entrée « Kawthar »). Le raisonnement à partir de cette tradition classant cette sourate comme étant médinoise, se base sur le fait que Anas était de Médine, et le fait qu'il ait dit qu'il était présent lors de la révélation de cette sourate est une preuve qu'elle était médinoise.

Mais, premièrement, les Imâms Ahmad, Al-Bukhârî, Muslim, Abû Dâwûd, At-Tirmidhî et Ibn Jarîr ont rapporté selon le même Anas des traditions disant que cette rivière du Paradis (Al-Kawthar) a été montrée au Prophète - que la paix soit sur lui - à l'occasion de l'ascension (al-mi`râj) et tout le monde sait que l'ascension a eu lieu à la Mecque avant l'Hégire. Deuxièmement, durant l'ascension le saint Prophète a non seulement été informé de ce don d'Allah Le Tout Puissant mais on le lui avait également montré. Il n'y a donc aucune raison que la sourate d'Al-Kawthar soit révélée à Médine afin de lui porter cette bonne nouvelle. Troisièmement, si dans une assemblée, le saint Prophète lui-même avait annoncé la révélation de la sourate d'Al-Kawthar, que Anas a mentionné dans sa tradition, et si cela signifiait que cette sourate venait d'être révélée pour la première fois, il ne serait pas possible que des compagnons biens informés comme `Â'ishah, Abdullâh Ibn `Abbas et Abdullâh Ibn Az-Zubayr aient déclaré cette sourate mecquoise et que, de la même façon, la plupart des commentateurs l'aient considérée comme telle.

Si l'on considère cette question avec prudence, on remarque un problème dans la tradition de Anas en ceci qu'il n'est pas fait mention du sujet de discussion à l'assemblée où le saint Prophète avait annoncé la sourate d'Al-Kawthar. Il se peut qu'à ce moment-là, le saint Prophète expliquait quelque chose. Entre temps, il a été informé par la révélation que ce sujet était déjà expliqué davantage dans sourate Al-Kawthar, ce qu'il a fait savoir, disant que cette sourate venait de lui être révélée à ce moment là. De pareils événements ont eu lieu à plusieurs reprises, ce qui a porté les commentateurs à penser que certains versets ont été révélés deux fois. En fait, cette seconde révélation signifiait que le verset avait été révélé plus tôt, mais que pour des raisons ultérieures on a attiré l'attention du saint Prophète à cette sourate pour la deuxième fois. Dans de pareilles traditions, la mention de la révélation de certains versets ne suffit pas à elle seule pour décider s'ils ont été révélés à la Mecque ou à Médine, ni quand ils ont été révélés précisément.

Si ce n'étaient le doute occasionné par cette tradition de Anas, le contenu en entier de la sourate d'Al-Kawthar en lui-même indique qu'elle a été révélée à la Mecque, et ce, à une période où le saint Prophète passait par des événements extrêmement décourageants.


CONTEXTE HISTORIQUE


Préalablement, dans les sourates d'Ad-Duhâ et Alam Nashrah (sourate 94 : Al-Inshirâh) nous avons vu que dans la toute première phase de la mission prophétique, le Prophète - que la paix soit sur lui - était passé par des moments des plus éprouvants quand toute la nation était devenue hostile, qu'il y avait de la résistance et de l'opposition de tout côté, et le saint Prophète et une poignée de ses compagnons ne voyaient pas la moindre chance de réussite. Allâh, pour le consoler et l'encourager lui avait révélé plusieurs versets. Il est dit dans sourate Ad-Duhâ : « La vie dernière (c.a.d toute vie postérieure) t'est, certes, meilleure que la vie présente, et Ton Seigneur t'accordera certes ( Ses faveurs), et alors tu seras satisfait ». Dans sourate Alam Nashrah : « et Nous avons exalté pour toi ta renommée. » C'est à dire « Quoique les ennemis essayaient de te diffamer partout dans le pays, Nous avons pris en charge l'exaltation de ton nom et ta renommée dans ce pays. » Et : « A côté de toute difficulté, il y a, certes, une facilité. » C'est à dire, « Tu ne dois pas être découragé par la dureté des conditions de cette époque ; cette période de difficulté passera bientôt, et surviendra alors la période de succès et de victoire. »

Telles étaient les circonstances dans lesquelles Allâh a consolé le saint Prophète en révélant sourate Al-Kawthar où, en plus, Il a annoncé la destruction de ses opposants. Les mécréants de Quraich disaient : « Muhammad est coupé de sa communauté et est réduit à sa seule personne impuissante et démunie. Selon `Ikrimah, quand le saint Prophète a été nommé Prophète, et qu'il commença à appeler les gens à l'Islam, les Quraish disaient : « Muhammad est coupé de sa communauté tel un arbre coupé de ses racines susceptible de s'effondrer à tout moment. » (Ibn Jarîr). Muhammad Ibn Ishâq dit : chaque fois qu'on mentionnait le Prophète en présence d'Al-`Âs Ibn Wâ'il As-Sahmî, le dirigeant mecquois, celui-ci disait : « Laissez-le tranquille car il n'est qu'un homme sans enfants, sans aucun descendant mâle. Quand il mourra il n'y aura personne pour se souvenir de lui. » Shamir Ibn `Atiyyah dit que `Uqbah Ibn Abî Mu'ait avait également l'habitude de dire des choses semblables au sujet du saint Prophète, (Ibn Jarîr). Selon Ibn `Abbas, Ka`b Ibn Al-Ashraf (le dirigeant juif de Médine) était venu, une fois, à la Mecque et le chef des Quraish lui disait : « Regarde ce garçon, qui est coupé de son peuple. Il pense qu'il est supérieur à nous alors que nous gérons le pèlerinage, veillons sur la Ka`bah et donnons à boire aux pèlerins » (bazzar).

A ce sujet, `Ikrimah rapporte que les Quraishs avaient employé des mots comme « as-sunbur al-munbatir min qawmih » (un homme faible, délaissé et sans enfants, qui est coupé de son peuple) pour désigner le saint Prophète. (Ibn Jarîr) Ibn Sa`d et Ibn `Asâkir narrent que `Abdullâh Ibn `Abbâs dit : « Le fils ainé du saint Prophète était Qâsim, après lui il y avait Zaynab, après elle il y avait `Abdullâh et après lui trois filles, à savoir Umm Kulthûm Fâtimah et Ruqayyah. Parmi eux, Qassim mourut le premier suivi de `Abdullah. C'est là qu'Al-`Âs Ibn Al-Walîd dit : « Sa lignée est éteinte : maintenant il est abtar ( c.a.d sans postérité). » Quelques traditions ajoutent que qu'Al-`Âs dit « Muhammad est abtar : il n'a aucun enfant (mâle) pour lui succéder. Quand il mourra, sa mémoire périra et vous serez débarrassé de lui. » La tradition d'Ibn `Abbas, que `Abd Ibn Humayd avait rapporté montre que Abû Jahl avait également tenus des propos semblables à la mort de l'enfant du saint prophète, `Abdullâh. Ibn Abî Hâtim rapporte d'après Shamir Ibn `Atiyyah que `Uqbah Ibn Abî Mu'ait avait montré le même type de mesquinerie en se réjouissant de cette perte de l'enfant du saint Prophète. `Atâ' dit que quand le deuxième enfant du saint prophète mourut, son propre oncle, Abû Lahab (dont la maison était près de celle du saint prophète) est accouru auprès des païens pour leur porter la « bonne nouvelle » : "Batira mouhammadoun al-laylah : « Muhammad a perdu sa descendance cette nuit, ou il est coupé à la racine. »

Telles étaient les conditions difficiles dans lesquelles la sourate d'Al-Kawthar a été révélée. Les Quraish lui en voulaient parce qu'il n'adorait, ne servait que Dieu uniquement et rejetait leur idolâtrie publiquement. Pour cette raison précise, on l'a déchu du rang, de l'estime et de la considération dont il jouissait auprès de son peuple avant la mission prophétique et était maintenant comme coupé de sa communauté. La poignée de gens que représentaient ses compagnons, étaient des gens impuissants et miséreux et étaient également persécutés et tyrannisés. Par ailleurs, le Prophète était affligé par la mort de ses deux enfants, décédé l'un après l'autre, pendant que ses proches parents et les gens de sa tribu, de sa fraternité et de son voisinage s'en réjouissaient et tenaient des propos éc½urants et destabilisants pour une noble personne qui traitait tout le monde, même ses ennemis, avec la plus grande bonté. A ce moment, Allâh, juste en une phrase de cette sourate, lui a annoncé la bonne nouvelle, la meilleure qui soit, et en même temps Il l'a informé que ce sont ses opposants qui seront coupé à la racine et non pas lui.


Notes :
* Certains savants ont concilié les deux narrations concernant la révélation de cette sourate en disant que le Prophète a effectivement vu la rivière d'Al-Kawthar lors de son ascension mais que Dieu le lui a octroyé plus tard.



Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 16:29