.::Surat Al-Mâʿûn (L'Aide) [107]::.


NOM

La sourate fut ainsi désignée à cause du mot al-mâ`ûn (l'entraide) qui apparaît à la fin du dernier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Ibn Mardawayh cite Ibn `Abbâs - qu'Allah l'agrée - disant que cette sourate est mécquoise, opinion partagée par `Atâ' et Jâbir. Mais dans Al-Bahr Al-Muhît, Abû Hayyân cite Ibn `Abbâs, Qatâdah et Ad-Dahhâk disant que cette sourate fut révélée à Médine.

A notre avis, il y a une preuve renfermée dans la sourate-même indiquant qu'elle est médinoise. Il s'agit de la menace de châtiment formulée à l'encontre de ceux qui négligent leurs prières et qui prient uniquement par ostentation.

C'est seulement à Médine qu'on trouvait ce genre d'hypocrites, étant donné que c'est là-bas que l'Islam et les musulmans étaient devenus tellement puissants et forts que beaucoup de gens se sentirent obligés d'afficher une foi par convenance, visitaient la mosquée, se joignaient à la prière et priaient seulement pour être vus des autres, afin qu'ils soient comptés parmi les musulmans. Par opposition, les conditions à La Mecque étaient entièrement différentes. Personne n'avait à prier pour être vu.

Là-bas, il était difficile même pour les croyants de prier en congrégation ; les gens priaient en cachette et, quand quelqu'un priait en public, il le faisait alors au risque de sa vie. Le genre d'hypocrites qu'on trouvait à La Mecque n'était pas de ceux qui croyaient et priaient par ostentation mais plutôt ceux qui, dans en leur for intérieur, savaient et reconnaissaient que le Messager d'Allâh - que la paix et les bénédictions d'Allâh soient sur lui - était sur la bonne voie, mais évitaient d'accepter l'Islam afin de préserver leurs privilèges et leur pouvoir. Il y avait aussi ceux qui n'étaient pas prêts à prendre le risque d'être affligés par les mêmes épreuves auxquelles les croyants étaient soumis dans la société qui les entourait. L'état des hypocrites à La Mecque fut décrit dans les versets 10 et 11 de sourate Al-`Ankabût.


THÈME ET SUJETS ABORS


Cette sourate souligne le genre de morale entretenue par un homme qui refuse de croire en l'au-delà. La condition des mécréants, qui démentaient ouvertement l'au-delà, a été décrite dans les versets 2 et 3. Puis, les quatre derniers versets décrivent la condition des hypocrites qui étaient musulmans d'apparence mais qui n'avaient aucune idée de l'au-delà. Par conséquent, le jugement dernier, la rétribution du bien et le châtiment pour le mal furent décrits. En somme, l'objectif de la description de l'attitude et de la conduite de deux catégories de gens est d'insister sur le fait que l'Homme ne peut pas entretenir en lui un caractère fort, stable et pur, sans croire en l'au-delà.





Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 16:23

.::Surat Al-Quraysh [106]::.


NOM

La sourate fut ainsi intitulée d'après le mot Quraysh figurant dans le tout premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Bien que Ad-Dahhak et Al-Kalbî estimèrent qu'il s'agissait d'une sourate médinoise, une grande majorité des commentateurs s'accorda à dire qu'elle était mécquoise, ce que laisse entendre l'expression « rabba hadhâ al-bayt » (le Seigneur de cette Maison) dans cette même sourate. Fut-elle révélée à Médine, que l'expression « cette Maison » désignant la Ka`aba n'aurait pas été appropriée. D'ailleurs, son contenu se rapproche tellement de celui de la sourate Al-Fîl qu'elle fut probablement révélée immédiatement après elle, sans qu'aucune autre sourate ne se soit interposée entre elles.

Se basant sur cette proximité, certains savants anciens considéraient les deux sourates comme une seule entité. Cette opinion est appuyée par les traditions qui disent que dans l'exemplaire du Coran appartenant à Ubayy Ibn Ka`b (que Dieu l'agrée), ces deux sourates étaient écrites comme une seule et même sourate, c'est-à-dire sans l'insertion de « Bismillah » entre elles. [1] Par ailleurs, `Umar (que Dieu l'agrée) récita une fois ces deux sourates dans la prière comme si elles n'en faisaient qu'une. [2]

Mais ce point de vue n'est pas acceptable car dans l'exemplaire du Coran que `Uthmân (que Dieu le bénisse) fit officiellement écrire avec la coopération d'un grand nombre de Compagnons et qu'il a envoyé dans les grands centres des pays islamiques, le « Bismillah » était écrit entre ces deux sourates. Depuis ces deux sourates furent écrites séparément dans tous les exemplaires du Coran partout dans le monde. De plus, les styles de ces deux sourates sont tellement différents qu'elles constituent clairement deux sourates distinctes.

CONTEXTE HISTORIQUE


Pour bien comprendre cette sourate, il est essentiel de garder à l'esprit le contexte historique relatif à son contenu et à celui de sourate Al-Fîl.

La tribu des Quraish était dispersée dans le Hijaz jusqu'au temps de Qusayy Ibn Kilâb, l'ancêtre du saint Prophète (que les salutations et les bénédictions de Dieu soient sur lui). Tout d'abord, Qusayy les rassembla à la Mecque et cette tribu put avoir la main mise sur la Ka`bah. C'est pourquoi Qussay fut surnommé « le rassembleur » (mujammi) par les siens. Cet homme, par sa perspicacité et sa sagesse, avait fondé une cité-état à la Mecque et avait pris d'excellentes dispositions pour le bien-être des pélerins de toute l'Arabie. De ce fait, les Quraish bénéficièrent d'une grande influence dans les tribus et les terres arabes.

Après Qusayy, les offices de l'état mecquois se répartirent entre ses fils, `Abd Manâf et `Abd Ad-Dâr. Mais des deux, `Abd Manâf avait gagné une grande renommée même du vivant de son père et était tenu en grande estime partout en Arabie. `Abd Manâf avait 4 enfants : Hâshim, `Abd Shams, Al-Muttalib et Nawfal. Parmi eux, Hâshim, le père de `Abd Al-Muttalib le grand-père du saint Prophète, avait le premier conçu l'idée de prendre part au commerce qui se faisait à travers l'Arabie entre les pays orientaux, la Syrie et l'Egypte, et de se procurer également les produits nécessaires à la vie des arabes de telle façon que les tribus vivant près des routes commerciales achetaient ces produits et que les commerçants vivant à l'intérieur des terres soient attirés par le marché de la Mecque. C'est à cette époque que le règne sassanide s'empara du commerce international qui se faisait entre les pays septentrionaux, les territoires orientaux et l'empire byzantin en passant par le Golfe persique.

Ceci eut pour effet de ranimer la route commerciale reliant le sud de l'Arabie à la Syrie et l'Egypte longeant les côtes de la Mer Rouge. Vis-à-vis des autres caravanes, les Quraish avaient l'avantage que les autres tribus sur la route du commerce leur tenaient en haute estime du fait qu'ils étaient les gardiens de la Ka'aba. Les autres tribus restaient redevables de la grande générosité dont les Quraish faisaient preuve en période de pèlerinage. C'est pourquoi les Quraish ne craignaient aucunement que leurs caravanes ne soient pillées ou qu'on leur porte le moindre préjudice sur la route. Les tribus sur leur chemin ne leur faisaient même pas payer les lourdes taxes de passages qu'elles demandaient aux autres caravanes.

Hâshim prenant avantage de cet état de fait mit au point un plan commercial et associa ses trois frères dans un partenariat commercial. Ainsi, Hâshim obtint des privilèges commerciaux du roi « Ghassanide »en Syrie, `Abd Shams obtint ceux de Négus, Al-Muttalib eut ceux des nobles du Yemens et Nawfal ceux des gouvernements de l'Iraq et d'Iran, et leur commerce commença à fleurir. C'est ainsi que les quatre frères devinrent de célèbres commerçants et on commença à les appeler ashâb al-îlâf c'est-à-dire les générateurs d'amour et d'affection compte tenu de leur relations amicales avec les tribus et les états des pays environnants.

Grâce à leurs relations d'affaires avec la Syrie, l'Egypte, l'Iraq, l'Iran, le Yémen et l'Abyssinie, les Quraish tombaient sur des opportunités telles et leur contact direct avec la culture et civilisation des différents pays avaient tellement amélioré le niveau de leur connaissance et leur sagesse qu'aucune tribu en Arabie ne pouvait se comparer à eux. Quant aux richesses et aux biens matériaux de ce monde, ils étaient devenus la tribu la plus riche et la Mecque était devenue le centre commercial le plus important de la péninsule arabique. Un autre avantage important provenant de ces relations internationales fut qu'ils rapportèrent d'Iraq l'art de l'écriture sur pierre qui fut par la suite utilisée pour écrire le Coran. Aucune autre tribu arabe ne pouvait se vanter de compter autant de gens lettrés que les Quraish. Pour ces mêmes raisons, le saint Prophète (que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui) dit : « les Quraish sont les leaders des hommes. » (Musnad Ahmad : Marwiyyât `Amr Ibn Al-`Âs). Et selon une tradition rapportée par l'Imâm `Alî dans Al-Baihaqî, le saint Prophète dit : « Au début, la direction des arabes étaient aux mains des Himyar, puis Allah la leur retira et la donna aux Quraish ».

Les Quraish avaient ainsi prospéré et réussi quand l'événement de l'invasion d'Abrahah eut lieu. Si Abrahah avait à ce moment là réussi à s'emparer de la Ville Sainte et détruire la Ka'aba, non seulement la gloire et la réputation des Quraish et de la Ka`aba elle-même auraient disparu, mais aussi la croyance de l'Arabie pré-Islamique, que la Maison (Ka`aba) était véritablement la maison d'Allah, aurait été ébranlée et la haute estime qu'on tenait aux Quraish pour être les gardiens de la « Maison » à travers tout le pays, aurait été ternie. Après la progression abyssinienne à la Mecque, les byzantins auraient également entrepris de prendre le contrôle de la route commerciale entre la Syrie et la Mecque et les Quraish auraient été réduits à un sort pire qu'avant l'époque de Qusayy Ibn Kilâb. Mais quand Allah montra cette manifestation de Son pouvoir qu'est cette foule d'oiseaux détruisant 60 mille soldats abyssiniens amenées par Abrahah par des jets des pierres ; de la Mecque au Yémen, ils ne cessèrent de tomber et de mourir sur le bas côté du chemin. La croyance des arabes que la Ka`aba était la Maison d'Allah augmenta beaucoup, et l'honneur et la réputation des Quraish s'étaient aussi considérablement accrue à travers le pays.

Après cela les arabes étaient convaincus qu'ils bénéficiaient d'une faveur spéciale d'Allah. Aussi ils parcoururent tous les coins et les recoins d'Arabie sans crainte et passaient partout dans le pays avec leur caravanes de commerce sans qu'elles ne soient inquiétées. Personne n'osait les atteindre ne serait-ce que d'une mauvaise pensée. Ne parlons même pas de leur porter atteinte eux-mêmes et quand bien même ils avaient un non-Quraysh sous leur protection, on lui permettait également de passer sans problème.

THÈME ET SUJETS ABORS


Ceci était tellement bien connu à l'époque de la désignation du saint Prophète pour la mission prophétique, qu'il n'était pas nécessaire de le rappeler. C'est pourquoi dans les quatre phrases concises de cette sourate, on demandait seulement aux Quraish de considérer : « puisque vous reconnaissez vous-même cette Maison ( c.a.d. la Ka`aba) comme étant la Maison d'Allah, et non celle des idoles, et que vous savez parfaitement que c'est Allah et Lui seul qui vous a garanti la paix par la vertu de cette Maison, qu'Il a fait prospérer votre commerce et vous a sauvé de la pauvreté, vous devriez alors Le vénérer et Le servir et Lui seul ! »


Notes:

[1] Il convient de noter que l'inscription de la basmalah au début des sourates a été instituée lors de la recension uthmanienne du Coran et qu'auparavant elle n'était inscrite qu'au début de sourate Al-Fâtihah. C'est d'ailleurs pour cette raison que les savants ont divergé sur le statut de la basmalah dans cette sourate en particulier, à savoir si elle est considérée comme un verset faisant partie de la fâtihah ou non. L'opinion majoritaire considère la basmalah comme étant effectivement un verset de cette sourate alors qu'elle ne l'est pas dans toutes les autres sourates du Coran.ndlr

[2] Il est admis, bien que ce ne soit pas fréquent, de réciter plusieurs sourates successives du Coran sans nécessairement intercaler la basmalah.



Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 16:20

.::Surat Al-Fîl (L'Eléphant) [105]::.


NOM

La sourate tient son nom de l'expression « ashâb al-fîl » [les gens de l'éléphant] dans le tout premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


À l'unanimité, il s'agit d'une Sourate Mecquoise ; et en l'étudiant d'après son contexte historique, il apparaît qu'elle fut nécessairement révélée à la toute première étape de la période Mecquoise.

CIRCONSTANCES DE RÉVÉLATION


Comme nous l'avons expliqué auparavant dans l'introduction à sourate Al-Burûj, afin de se venger des persécutions subites par les disciples du Prophète Jésus-Christ [Sayyidna 'Îsa] (paix sur lui) à Najrân par Dhû-Nuwwas, un dirigeant Juif du Yémen, le Royaume Chrétien d'Abyssinie envahi alors le Yémen puis y mit fin à l'autorité Himyarite, et c'est à l'an 525 de notre ère que le pays dans son ensemble passa sous le contrôle des Abyssiniens.

À vrai dire, c'est par le biais d'une collaboration entre l'empire Byzantin de Constantinople et le Royaume Abyssinien que tout ceci arriva car en ces temps-là les Abyssiniens ne possédaient guère de flotte navale. Par conséquent, la flotte était fournie par Byzance tandis que l'Abyssinie envoya 70 000 [hommes] parmi ses troupes à son bord navigant sur la Mer Rouge jusqu'au Yémen. Au départ il faut comprendre avant tout que tout ceci ne s'est pas préparé essentiellement pour des motifs religieux, car des facteurs économiques et politiques étaient également en jeu et probablement ils représentaient le véritable motif tandis que la vengeance du sang chrétien n'était qu'un prétexte.

Par la suite, l'empire Byzantin occupa l'Egypte et la Syrie, et il alla jusqu'à tenter de prendre possession du commerce organisé entre l'Afrique Orientale, l'Inde, l'Indonésie, etc... et l'autorité Byzantine : afin de gagner un maximum de profit ils éliminèrent les intermédiaires c'est à dire les Arabes qui contrôlaient le commerce de ces pays durant des siècles. Pour cette perspective, en l'an 24 ou 25 av. J-C, Auguste César envoya une armée massive, sous le commandement de Gallus Aellius, un Général Romain, qui s'installa sur la côte occidentale de l'Arabie pour intercepter et occuper la voie maritime entre l'Arabie du sud et la Syrie.

Mais l'opération butta dans l'accomplissement de son devoir en raison des conditions géographiques extrêmes en Arabie. Après cela, les forces Byzantines emmenèrent leur flotte à l'intérieur de la mer Rouge et mirent fin au commerce des Arabes qui jusque-là ne s'effectuaient que par la mer, du coup, ils n'eurent pour choix que de continuer par la voie terrestre. Pour se saisir de cette route fondamentale, ils avaient conspiré avec les Chrétiens Abyssiniens afin qu'ils les assistent avec leur flotte pour les aider à occuper le Yémen. Cependant, les affirmations des historiens arabes à propos de l'armée Abyssinienne qui avait envahi le Yémen sont différentes. En effet, Hafz Ibn Kathir affirme qu'elle était menée par deux commandants, Aryat et Abrahah, et selon Mohammed Ibn Ishaq, le commandant [de l'armée] était Aryat, alors que Abrahah en faisait juste partie. Mais tous les deux sont unanimes vis à vis de la défaite de Aryat et de Abrahah. Aryat fût tué lors du combat et Abrahah prit possession du pays puis il persuada le roi de le nommer en tant que vice-roi du Yémen.

Dans un autre sens, Les historiens grecs et Syriaque affirment qu'une fois le Yémen avait été conquit, les Abyssiniens ont commencé l'exécution des chefs Yéménites qui avaient combiné une résistance. L'un de ces chefs nommé As-Sumayfi Ashwa (ou Esympheus d'après les historiens grecques) se livra aux Abyssiniens tout en leur promettant de payer un impôt, fini par obtenir de la part du roi Abyssinien la garantie d'être nommé gouverneur du Yémen. Or l'armée Abyssinienne se révolta contre lui et nomma à sa place Abrahah en qualité de gouverneur.

Cet homme à l'origine esclave d'un marchand grecque du port maritime Abyssinien de Adolis, avait de par son habileté diplomatique réussi à exercer une influence conséquente dans l'armée Abyssinienne qui occupait le Yémen. Les troupes envoyées par les Négus pour le punir ou bien pour le mettre en garde fussent toutes vaincu par lui-même. Par la suite, après la mort du roi, son successeur s'était alors résigné à l'accepter en tant que vice-régent du Yémen (Les historiens Grecques orthographient « Abrames » et les historiens Syriaques « Abraham ». Abrahah peut en fait être une variante Abyssinienne pour « Abraham », car dans sa version Arabe il s'agit de « Ibrahim »).

Petit à petit, cet homme était devenu un dirigeant indépendant au Yémen. Il ne reconnaissait la souveraineté des Négus uniquement que par le nom et il se réclamait comme leur député. L'influence qu'il exerça peut-être appréciée par le fait qu'après la restauration du barrage de Marib en l'an 543 de notre ère, il célébra l'événement en préparant un grand festin, auquel était convié les ambassadeurs de l'empereur Byzantin, le roi d'Iran, le roi de Hirah, et le roi de Ghassan. Ses détails complets sont présentes dans une inscription qu'Abrahah avait monté sur le barrage. D'ailleurs, cette inscription existe toujours et Glaser l'avait même publié. (Pour plus de détails, cf. l'introduction à Sourate Saba).

Après avoir stabilisé son autorité au Yémen, Abrahah orienta alors son attention au tout premier motif de cette campagne amorcée avant l'empire Byzantin et ses alliés, les Chrétiens Abyssiniens, c'est à dire la propagation du Christianisme en Arabie d'une part puis de s'approprier le commerce organisé par les Arabes entre les pays orientaux et l'autorité Byzantine d'autre part. D'ailleurs, sa nécessité s'accentua d'autant plus que la lutte Byzantine contre l'empire Sassanide d'Iran pour le pouvoir avait entravé tout les itinéraires du commerce Byzantin avec l'Orient.

Pour arriver à cette fin, Abrahah construit à San`a, capitale du Yémen, une magnifique cathédrale, que les historiens arabes ont appelé al-Qalis, al-Qullais, ou bien al-Qulais, ce mot étant la traduction Arabe du mot Grecque Ekklesia , une église. Selon Mohammed Ibn Ishaq, après avoir terminer la construction de cet édifice, il écrit aux Négus, disant : « je ne marquerai aucune pause tant que je n'aurai détourné le pèlerinage des Arabes vers cela. » Ibn Khathîr note qu'il avait déclaré ouvertement son intention au Yémen et qu'il l'avait annoncé publiquement.

En réalité, il a voulu provoquer les Arabes à la riposte ce qui lui aurait attribué un prétexte pour s'attaquer à la Mecque et de détruire la Ka'bah. Muhammed Ibn Ishaq raconte qu'un Arabe furieux vis à vis de cette audition publique alla par une manière ou une autre à l'intérieur de la cathédrale et la souilla. Ibn Khatir dit qu'il s'agissait d'un Quraïshite et selon Muqatil Ibn Suleman, quelques jeunes hommes parmi les Quraïshites mirent le feu à la cathédrale. L'un ou l'autre s'était sans nul doute déroulé dans la mesure où l'audition d'Abrahah était certainement provocatrice et au cours de l'ère pré-islamique il n'était pas impossible qu'un Arabe ou bien un jeune Quraïshite eusse été en colère au point de souiller la cathédrale ou bien d'y mettre le feu.

Néanmoins, il se pourrait aussi qu'Abrahah puisse le commanditer à son propre agent afin de trouver un motif pour envahir la Mecque et par conséquent d'atteindre l'ensemble de ses desseins c'est à dire l'anéantissement des Quraïshs puis l'intimidation des Arabes. Dans tous les cas, quoiqu'il en soit, lorsque Abrahah fût informé que des dévots de la Ka'bah avaient souillé sa cathédrale, il jura qu'il n'aura aucun répit tant qu'il n'aura pas détruit la Ka'bah.

Ainsi, en l'an 570 ou 571 de notre ère, il prit 60 000 troupes et 13 éléphants (9 éléphants selon une autre tradition) et se mit en route pour la Mecque. Sur le chemin, un chef Yéménite, Dhur Nafr de son nom, escorté par une armée Arabe lui résista d'abord mais fût finalement vaincu et même prisonnier. A ce moment-là, dans le pays de Khath`am il s'était opposé à Nufaïl Ibn Habib Al-Karth'am, avec sa tribu, mais à son tour il a été vaincu puis prisonnier mais afin d'avoir la vie sauve il accepta de le servir comme guide au travers du pays Arabe. Lorsqu'il arriva près de Taïf, les Bani Thaqif ont estimé qu'ils n'étaient pas en mesure de résister à une telle force si impressionnante et appréhendant le danger qu'il puisse détruire aussi le temple de leur divinité Lat, leur chef, Mas`ûd, accompagné de ses hommes vinrent trouver Abrahah tout en lui expliquant que leur temple n'était pas le celui qu'il était venu détruire.

Le temple qu'il recherchait se trouve à la Mecque et qu'ils lui enverraient un homme pour le guider jusque là-bas. Abrahah accepta l'offre et les Bani Thaqîf envoyèrent alors Abû Righal comme guide. Lorsqu'ils atteignirent al-Mughanas (ou al-Mughammis), une place située à environs 5 kilomètres de la Mecque, Abû Righal mourût et les Arabes lapidèrent sa tombe ; d'ailleurs cette pratique demeure toujours à ce jour. Ils maudirent également les Banî Thaqîf pour avoir coopéré avec les envahisseurs de la Maison d'Allâh simplement pour sauver le temple de Lât.

Selon Muhammed Ibn Ishaq, à partir d'Al-Mughammas Abrahah envoya son avant-garde qui lui rapporta le butin des gens de Tihanah et de Quraish, parmi lequel se comptait 200 chameaux de Abdul Muttallib, le grand-père du Saint-Messager d'Allâh (sur lui Sa paix). Puis, il dépêcha un de ses émissaires pour la Mecque porteur du message qu'il n'était pas venu pour attaquer les gens de la Mecque, mais juste pour détruire La Maison (i.e la Ka'bah). Si ils ne manifestent aucune résistance, il n'y aura pas de bain de sang. Également, Abrahah informa son émissaire que si les gens de la Mecque désirent négocier ils devront dépêcher auprès de lui leur principal chef. En ce temps là, ce chef était `Abd Al-Muttalib. L'émissaire alla à lui et lui adressa donc le message d'Abrahah. `Abd Al-Muttalib répondit : « Nous n'avons pas la force pour combattre Abrahah. C'est la Maison d'Allâh. Si Il le souhaite, Il sauvera Sa Maison ».

L'émissaire lui demanda alors de l'accompagner chez Abrahah. Il consentit et alla avec lui voir le roi. A cet époque, `Abd Al-Muttalib était un homme très honorable et majestueux que lorsque Abrahah le vit il fût aussitôt impressionné il quitta son trône et s'essaya auprès de lui sur un tapis. Ensuite il lui demanda ce qu'il voulait. `Abd Al-Muttalib répondit qu'il souhaite que le roi lui retourne les chameaux qui lui ont été volé. Abrahah dit : « J'ai été très impressionné quand je t'ai vu mais ta réponse vient de te rabaisser à mes yeux : tu exiges seulement tes chameaux mais tu ne dites pas un mot au sujet de cette Maison qui est ton sanctuaire tout comme le sanctuaire de tes aïeux ». Il répondit : « Je suis le propriétaire de mes chameaux et je te demande de me les rendre. En ce qui concerne la Maison, Elle a Son propre Propriétaire : Il la gardera ». Lorsque Abrahah dit qu'Il ne sera pas en mesure de la garder face à lui, `Abd Al-Muttalib répondit que tout ceci restera entre Lui et lui [Abraha]. De là, `Abd Al-Muttalib le quitta et ce dernier lui restitua ses chameaux.

La tradition de Ibn `Abbâs n'est pas pareille. En effet, du tout elle ne mentionne la restitution des chameaux. Selon toujours ses traditions rapportées par Abd Ibn Humaid, Ibn al-Mundhir, lbn Marduyah, Hakim, Abû Nu`aym et Al-Bayhaqî, il affirma lorsque Abraha arriva à As-Sifah (un endroit situé entre Arafat et Taïf dans les montagnes près des limites sacrées de la Mecque), `Abd Al-Muttalib se dirigea vers lui et dit : « Il n'y avait aucune raison pour toi de venir de si loin. Tu aurais du nous en charger et nous t'aurions apporté ce dont tu voulais. » Il répondit : « J'ai entendu dire qu'il s'agit de la Maison de la clémence : je suis venu pour détruire sa clémence. » Sur ce, `Abd Al-Muttalib dit : « C'est la Maison d'Allâh. Il n'a permit à personne d'aller jusqu'à la conquérir. » Abrahah répliqua : « nous ne partirons pas avant que nous ne l'ayons détruite » `Abd Al-Muttalib objecta : « Tu peux nous prendre tout ce qui te plaît puis repartir. » Abrahah refusa de céder et ordonna à ses troupes d'avancer, laissant par derrière `Abd Al-Muttalib.

En laissant ces deux traditions en tant que telle, une chose par la suite évidente est que les tribus qui vivaient à l'intérieur et en périphérie de la Mecque n'avaient certainement pas la puissance nécessaire pour combattre et de sauver la Ka'aba face une force si impressionnante. Du coup, les Quraïshs n'ont pas cherché à combiner une quelconque résistante. Par ailleurs, à l'occasion de la Bataille de la Tranchée (ahzab) et en dépit de l'alliance avec les tribus païennes et Juives, les Quraïshs avaient à peine été en mesure de réunir une force évaluée entre dix à douze mille hommes ; manifestement ils n'auraient pas pu résister à une armée forte de 60,000 [hommes].

Muhammad Ibn Ishaq relate qu'après être revenu du camp d'Abrahah, `Abd Al-Muttalib ordonna aux Quraïshites de se s'éloigner de la cité et d'aller en compagnie de leur familles vers les montagnes par crainte d'un massacre collectif. Puis il alla à la Ka`aba accompagné de quelques chefs Quraïshites et prenant à la main l'anneau de fer de la porte, implora Allâh le Tout-Puissant de protéger Sa Maison de même que ses gardiens. A cette époque-là 360 idoles étaient présentes autour et à l'intérieur de la Ka`bah, or à cet instant critique ils les avaient ignorées et supplièrent uniquement Allâh de les secourir. Leurs supplications retranscrites dans les livres d'histoire ne comprenaient aucun nom, excepté celui d'Allâh, l'Unique. Ibn Hishâm dans son livre [La Vie du Prophète] a cité quelques invocations d'`Abd Al-Muttalib, dont la teneur est la suivante :

"Ô Dieu, un homme protège sa maison, donc protège Ta Maison ; ne permet pas à leur incursion ainsi qu'à leur ruse de triompher de Ta ruse demain. Si Tu envisages de les laisser et par conséquent leur laisser notre qiblah, Tu auras agit selon ta Volonté." A ce propos, Suhaill dans son Raud Al-Unuf a aussi cité cette invocation : "Assistes aujourd'hui Tes dévots contre les dévots de l'incursion et ses fidèles." De son côté, Ibn Jarîr a également cité les invocations récitées par `Abd Al-Muttalib dans sa supplication : « mon Seigneur, je n'ai de chères espoirs envers quiconque excepté de Toi. Ô mon Seigneur, protège Ta Maison d'eux. L'ennemi de cette Maison est Ton ennemi. Arrête-les dans la destruction de Ton établissement. »

Après avoir récité ces supplications `Abd Al-Muttalib et ses compagnons s'en allèrent à leur tour vers les montagnes. Le lendemain matin Abrahah était disposé à entrer à la Mecque, or son éléphant particulier, Mahmud, qui était aux avant postes, s'agenouilla. Bien qu'il fût battu par des barres de fer, aiguillonné, et même scarifié, il ne se leva point. Lorsqu'ils l'orientaient vers le sud, le nord, ou bien l'est, il chargea immédiatement, or une fois orienté vers La Mecque, il s'agenouilla de nouveau. Pendant ce moment-là, une nuée d'oiseaux surgit et fît pleuvoir sur les troupes des pierres qu'ils portaient à leurs becs et griffes. Ceux qui étaient touchés commençaient à se décomposer. Selon Muhammad Ibn Ishaq et Ikrimah, c'était la variole, qui pour la première fois a été observé en cette année en Arabie.

Ibn `Abbâs dit que celui qui était touché par un cailloux, commençait à gratter son corps jusqu'à l'altération de la peau puis une diminution de la chair. Dans une autre tradition selon `Ibn Abbas la chair et le sang qui coula comme de l'eau ainsi que les os du corps étaient perceptible à l'œil nu. La même chose arriva également à Abrahah. En effet, sa chair tomba en morceaux et sur son corps des trous se produirent dégageant pus et sang. Dans ce chaos ils se retirèrent tous pour regagner le Yémen. Nufaïl Ibn Habîb, guide qu'ils avaient ramené du pays de Khatham, avait été retrouvé et prié de les guider afin de retourner au Yémen, mais il refusa en disant : "Maintenant par où quelqu'un peut-il fuir dès lors qu'il est chassé par Dieu ? Le nez fendant (Abrahah) est désormais le conquit, et non le conquérant".

A mesure qu'ils s'échappaient, ils tombaient près de la baie et mourraient. `Atâ Ibn Yasâr dit que toutes les troupes n'ont pas péri à cet endroit ; certaines ont péri là-bas même tandis que d'autres ont péri en chemin alors qu'ils s'échappaient. C'est au pays de Khath`am qu'Abrahah mourut.

Cet événement s'était déroulé à Muhassir dans la vallée de Muhassab, entre Muzdalifah et Mina. Selon le Sahih de Muslim et d'Abû Dâwûd, d'après la description du pèlerinage de l'adieu du Saint Prophète que l'Imam Jafar as-Sadiq à rapporté de son père, l'Imam Muhammad Al-Bâqir, et de lui même de notre maître Jabir Ibn Abdullah, il dit que lorsque le Saint Prophète (sur lui la paix) poursuivit sa route de Muzdalifah à Mina, il accéléra le pas dans la vallée de Muhassir. L'imam An-Nawawî expliqua ce fait en disant que l'incident des gens de l'éléphant était arrivé en ce lieu ; de ce fait, les pèlerins sont exhortés de passer rapidement, car Muhassir est un lieu tourmenté. Dans Al-Muwatta', l'Imam Mâlik a rapporté que le Saint Prophète a dit que Muzdalifah est entièrement une place convenable pour stationner mais il ne faut pas rester dans la vallée de Muhassir. Dans les écrits de Nufaïl Ibn Habib, que Ibn Ishaq a cité, il décrit cet événement en tant que témoin oculaire : "Tu aurais vu cela, O Rudaina, mais tu n'as point vu, ce que nous avons vu dans la vallée de Muhassab. J'ai loué Dieu lorsque j'ai vu les oiseaux et je craignais que des pierres puissent nous atteindre. Tous étaient à la recherche de Nufail comme si je possédais une dette envers les Abyssiniens."

C'était un fait si capital qu'aussitôt il se propagea à travers l'Arabie et plusieurs poètes en ont même fait le thème principal de leurs poésies élogieuses. Dans ces poésies une chose complètement évidente est que tout à chacun considère ce fait comme une manifestation du pouvoir miraculeux d'Allâh Le Tout Puissant et personne, même pas par allusion, n'a dit que les idoles jusque-là adorées dans la Ka'bah avaient une quelconque complicité avec cela. Par exemple, Abdullah ibn Az-Zibara dit : "Les soixante mille [hommes] ne sont jamais rentrés chez eux, ni même leur homme mal en point (Abrahah) qui n'a pas survécu au retour. Ad et Jurham étaient là bas avant eux et au-dessus des serviteurs se trouve Allâh, Qui les soutient." Abû Qais Ibn Aslat dit ; "Elève-toi et adore ton Seigneur et désigne les Coins de la Maison d'Allâh située entre les Montagnes de La Mecque et Mina. Lorsque l'assistance du Souverain du Trône était parvenue à toi, Ses armées les ont repoussés de façon à ce qu'ils demeurent allongés dans la poussière, bombardés par des pierres."

Pas seulement que ça, car d'après nos maîtres Umm Hani et Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm, le Saint Prophète (sur lui la paix) a dit : "Les Quraïshites n'ont adoré personne, excepté Allâh, le Seul et Unique, pendant dix années (et selon d'autres [sources], pendant sept années). La tradition d'Umm Hani fût rapporté par l'Imam Bukhari dans son Târîkh puis par At-Tabarani, Al-Hakim, Ibn Mardaweih ainsi que Al-Baïhaqi dans leurs collections de Hadiths. Le propos de notre maître Zubair a été rapporté par Tabarani, Ibn Marduyah et Ibn Asakir puis il a par la suite été confirmé par le hadîth mursal (On qualifie de mursal, un hadîth où le dernier maillon de la chaîne, c'est-à-dire le compagnon qui le rapporte du Prophète - paix et bénédictions sur lui - est absent) de notre maître Sa'id Ibn al-Musayyab, que Al-Khatîb Al-Baghdâdî a consigné dans son Târîkh.

Les Arabes décrivent l'année durant laquelle cet événement a eu lieu comme `Âm Al-Fîl (l'année de l'éléphant) et c'est aussi en cette année que le Saint Messager d'Allâh (sur lui Sa paix) est né. Les exégètes et les historiens attestent pratiquement tous à l'unanimité, que l'épisode des gens de l'éléphant s'est passé au cours du [mois] Muharram et que le Saint Prophète était né au cours du [mois] Rabi` Al-Awwal. Une majorité d'entre eux affirment qu'il a été mit au monde 50 jours après l'épisode de l'éléphant.

THÈME ET SUJETS ABORS


Si la Sourate Al-Fîl est examinée à l'aune des détails historiques mentionnés ci-dessus, on peut entièrement bien comprendre pourquoi dans cette Sourate rapportée et décrite si brièvement, Allâh inflige Sa punition exclusivement aux gens de l'éléphant. C'était un événement d'une occurrence récente et chaque personne dans La Mecque ainsi qu'en Arabie en était entièrement informés. Les Arabes ont su que le Ka'aba avait été protégé de cette invasion non pas par un quelconque dieu ou déesse, mais par Allâh Lui-même le Tout-puissant. Alors seul Allâh fût été invoqué par les chefs Quraïshites pour le renfort, et pendant près de quelques années les gens de Quraïsh impressionnés par cet événement n'avaient adoré personne, excepté Allâh. Par conséquent, il n'y avait aucune utilité à rappeler les détails contenus dans Sourate Al-Fil, mais une simple référence à cette Sourate suffisait pour que les gens de Quraish, en particulier, et les gens de l'Arabie, en général, considérer parfaitement dans leurs cœurs le message, que le Saint Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions d'Allâh soient sur lui) avait apporté.

L'essentiel de ce message était qu'ils ne devaient ni adorer et ni servir aucun, hormis Allâh, le Seul et Unique. Par conséquent, ils devaient également être conscients que s'ils emploient la force pour casser cet appel à la vérité, ils appelleraient seulement à la colère de Dieu, Qui avait complètement dérouté et détruit les gens de l'éléphant.




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 16:12

.::Surat Al-Humaza (Les Calomniateurs) [104]::.


NOM

La sourate tire son nom du mot « al-Humazah » qui apparaît dans le premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Tous les commentateurs s'accordent à dire que c'est une sourate mecquoise. L'analyse de son sujet et de son style montre qu'elle fait aussi partie des premières sourates révélées à la Mecque.

THÈME ET SUJETS ABORS


On trouve dans cette sourate la condamnation de certaines personnes éminentes et maléfiques parmi la caste des riches matérialistes qui vivaient pendant la période pré-islamique.

Chaque arabe savait que ces personnes existaient réellement dans la société. On les considérait comme mauvaises et nul ne pensait qu'elles étaient bonnes. Après avoir attiré l'attention sur ce genre de personnes néfastes, la sourate décrit leur fin ultime dans l'au-delà. Les deux éléments (le personnage et son destin dans l'au-delà) ont été dépeints de telle manière que le lecteur conclut naturellement que telle personne mérite justement pareille fin. Et, puisque dans la vie présente, les gens dotés d'un tel caractère ne subissent aucune punition, mais semblent au contraire prospérer, la mention de l'au-delà devient absolument inévitable.

Si on lit cette sourate à la suite de la série de sourates commençant par la sourate Az-Zalzalah, Le Séisme, on peut clairement comprendre comment les croyances et les préceptes fondamentaux de l'Islam ont très tôt imprégné l'esprit des gens à la Mecque.

Dans la sourate Az-Zalzalah, il est établi que dans l'au-delà, le bilan complet de la vie de chaque être humain sera présenté devant lui, sans qu'aucune action bonne ou mauvaise, fût-elle du poids d'un atome, n'y soit omise.

Dans la sourate Al-`Âdiyât, Les Coursiers, l'attention est attirée sur les pillages, les butins, l'effusion de sang et le vandalisme qui ont dominé l'Arabie pré-islamique, afin d'amener les gens à réaliser que les pouvoirs octroyés par Dieu furent utilisés de manière abusive et en pure ingratitude envers Lui. On apprend ainsi que la vie humaine ne s'achève pas ici-bas, mais dans l'au-delà, où seront examinées non seulement les bonnes actions, mais aussi les intentions et les desseins. Et Dieu sait véritablement, certes, qui mérite la récompense ou la punition.

Dans la sourate Al-Qâri`ah, Le Fracas, après la description de la Résurrection, les gens sont prévenus que, dans l'au-delà, le sort - bon ou mauvais - de l'homme dépend du poids de ses bonnes œuvres relativement au poids de ses péchés.

Dans la sourate At-Takâthur, La Course aux richesses, les gens sont réprimandés pour leur matérialisme. C'est à cause de ce dernier qu'ils cherchent sans cesse à accroître leurs richesses, leur plaisir, leur confort et leur bien-être, s'enviant mutuellement pour l'abondance de biens que chacun d'entre eux possède, jusqu'à ce que la mort les emporte. Après les avoir prévenus des conséquences néfastes de leur inconscience, il leur est expliqué que le monde n'est pas une table pleine de nourriture dans laquelle on peut se servir à volonté. Mais pour chaque bienfait dont les hommes jouissent dans ce monde, ils auront à rendre compte à leur Seigneur, le Pourvoyeur, sur la manière dont ils l'ont acquis et l'usage qu'ils en ont fait.

Dans la sourate Al-`Asr, Le Temps, il est dit que chaque individu, chaque groupe d'individus, chaque communauté, donc l'humanité entière, est manifestement en perdition si ses membres n'ont pas la foi, n'accomplissent pas de bonnes œuvres et n'exhortent pas autrui à la vérité et à la patience.

Juste après vient la sourate Al-Humazah, dans laquelle, après avoir présenté un spécimen du leadership dans la période de l'obscurantisme pré-islamique, on pose aux gens la question suivante : "Que devrait mériter telle personne si ce n'est la perte et la perdition ?".




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 16:06

.::Surat Al-ʿAṣr (Le Temps) [103]::.


NOM

La Sourate tire son nom du mot « Al-`Asr » qui apparaît dans le premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Bien que Mujâhid, Qatâdah et Muqâtil la considèrent comme médinoise, la majorité des commentateurs sont d'avis qu'elle est mecquoise. De plus, son thème montre qu'elle fut révélée à la toute première phase de l'époque mecquoise où le Message de l'Islam était exposé avec des versets courts mais ô combien impressionnants et imposants, si bien que l'auditoire ne peut jamais les oublier quand bien même il essaierait. Ses mots sont automatiquement gravés dans la mémoire.

THÈME ET SUJETS ABORS


Cette sourate est un modèle de concision et de richesse. Un univers de sens, qui serait trop vaste pour être totalement rendu dans un livre entier, a été saisi par les mots peu nombreux de cette sourate. Cette sourate indique, de façon claire et simple, le chemin du vrai succès que doit emprunter l'homme et, d'un autre coté, le chemin de la destruction et la perte.

L'Imâm Ash-Shâfi`î affirma, d'une façon très juste, que si les gens méditaient sur cette sourate comme il se doit, elle suffirait à elle seule pour leur guidance. L'importance de cette sourate aux yeux des compagnons peut être évaluée à la lumière d'une tradition transmise par le Compagnon `Abdullah Ibn Hisn Ad-Dârimî, Abû Madinah, selon laquelle, chaque fois que deux compagnons se rencontraient, ils ne se séparaient pas avant de se réciter mutuellement sourate Al-`Asr (At-Tabarânî).




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 15:12

.::Surat At-Takâthur (La Passion des richesses) [102]::.


NOM

Cette sourate tire son titre du mot At-Takâthur qui apparaît dans le premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Abû Hayyân et Ash-Shawkâni affirment que cette sourate, à l'unanimité des exégètes, est mecquoise. C'est, selon l'Imâm As-Suyutî, l'opinion reconnue. Toutefois un certain nombre de traditions appuieraient son caractère médinois :

* Ibn Hâtim narre selon Abû Buraydah que cette sourate fut révélée au sujet de deux tribus des Ansâr - les Banû Hârithah et les Banû Al-Harth. Ces deux tribus avaient relaté les gloires et les œuvres illustres de certains des leurs qui étaient encore de ce monde, puis étaient parties au cimetière se vanter des grandes œuvres de leurs défunts. La Révélation Divine descendit avec "alhâkum at-takâthur" (La course aux richesses et aux honneurs vous distrait). Cependant, si l'on prend en considération les positions des compagnons et des successeurs quant au contexte de la révélation des sourates, cette tradition n'est pas un argument valide pour prouver que Sourate At-Takâthur fut exactement révélée à cette occasion. Elle montre simplement que cette sourate touche de plein fouet ces deux tribus.
* L'Imâm Al-Bukhârî et Ibn Jarîr narrent cette tradition selon Ubayy Ibn Ka`b : "le Prophète - paix et bénédiction d'Allâh sur lui - a dit : Si le fils d'Adam avait deux vallées de richesses, il désirerait une troisième. Rien ne peut remplir le ventre du fils sauf la terre (i.e. la mort)... jusqu'à ce que "alhâkum at-takâthur" fut révélée". Cette tradition fut considérée comme un argument appuyant le caractère médinois de cette sourate, en ce sens que 'Ubayy Ibn Ka`b embrassa l'islam à Médine. Toutefois, cette affirmation de Ubayy ne montre pas dans quelle mesure les compagnons du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) auraient considéré cette parole du Prophète comme une partie du Coran. S'il s'agit de dire qu'ils la considéraient comme un verset coranique, cela ne peut être accepté, car une grande majorité des compagnons était constituée d'hommes qui connaissaient par cœur chaque mot du Coran : il n'est pas possible qu'ils se trompent et prennent un hadith pour un verset. Si dire qu'elle appartient au Coran signifie qu'elle est dérivée du Coran, cette tradition pourrait également signifier que lorsque les compagnons qui ont embrassé l'islam à Médine ont entendu cette sourate pour la première fois par le Noble Prophète, ils auraient cru qu'elle fut révélée à l'instant même, ils auraient pensé que la parole susmentionnée du Noble Prophète fut dérivée de ce verset.
* Ibn Jarîr, At-Tirmidhî, Ibn Al-Mundhir et d'autres experts en traditions rapportent ce propos de l'Imâm `Ali : "Nous avions des doutes sur les supplices de la tombe jusqu'au jour où "alhâkum at-takâthur" fut révélée". Cette parole de l'Imâm `Ali fut considérée comme un argument en la faveur du caractère médinois de la Sourate, en ce sens que les supplices de la tombe seraient mentionnés pour la première fois à Médine, sans que la moindre mention n'en ait été faite à la Mecque. Ceci est inexact. En effet, dans les sourates mecquoises, les supplices de la tombe sont mentionnés dans divers passages d'une façon tellement claire, ne laissant la place pour le moindre doute à ce sujet. A titre d'exemple, on peut se référer aux versets suivants : Al- An`âm:93, An-Nahl:28, Al-Mu'minûn:99-100, Al- Mu'min:45-46, lesquels sont tous mecquois. Par conséquent, s'il fallait conclure quelque chose de cette parole de l'Imâm `Ali, on dirait que Sourate At-Takâthur fut révélée avant les sourates mecquoises que nous venons de citer et que sa révélation a dissipé tout doute chez les compagnons au sujet des supplices de la tombe.

C'est pour cela, qu'en dépit de ces traditions, une grande majorité d'exégètes s'accordent pour dire que cette sourate est mecquoise. A mon sens, cette sourate est non seulement mecquoise, mais, en outre, de par son style et son contenu, elle fait partie des premières sourates révélées à la Mecque.

THÈME ET SUJETS ABORS


Dans cette sourate, les gens sont avertis des regrettables conséquences de l'adoration de ce bas-monde qui fait qu'ils dépensent leur vie, jusqu'à la mort, pour amasser richesse sur richesse, pour acquérir des biens matériels, pour rechercher des plaisirs, des positions et des pouvoirs, en se vantant et en s'enflant d'orgueil entre eux pour ce qu'ils ont acquis. Cette recherche des biens d'ici-bas les a tellement préoccupés qu'ils n'avaient guère le temps de rechercher des choses plus nobles dans la vie. Après avoir averti les gens des désastreuses conséquences de cela, c'est comme si on leur disait : « Ces biens que vous amasser et dont vous profitez abondamment ne sont pas que des bienfaits, c'est aussi une façon de vous éprouver, car pour chacun de ces bienfaits et signes d'aisance vous serez certainement appelés à rendre des comptes dans l'Au-delà. »




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 15:09

.::Surat Al-Qâriʿah (Le Fracas) [101]::.

NOM

La Sourate tire son nom de son premier mot, Al-Qâri`ah, qui constitue non seulement le titre de cette sourate mais son thème principal également. En effet, cette sourate traite de la Résurrection.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Il n'existe aucune divergence concernant le caractère mecquois de cette sourate. Son contenu montre également que c'est l'une des toutes premières sourates révélées à la Mecque.

THÈME ET SUJETS ABORS


Le thème de cette sourate est la Résurrection et l'Au-delà. A son début, les gens sont secoués et alertés : "Le fracas ! * Qu'est-ce que le fracas ? Et qui te dira ce qu'est le fracas ?". Ainsi, après avoir préparé l'auditoire aux nouvelles de la terrible calamité, la Résurrection est dépeinte à leurs yeux dans deux versets montrant que, ce Jour, les gens vont courir, confus et embarrassés, tels de nombreux papillons excités autour d'une lampe et, d'autre part, les montagnes, déracinées, perdront leur cohésion et seront alors semblables à la laine cardée. Puis, il est montré que lorsque la Cour Divine se dressera dans l'Au-delà, les gens seront appelés pour rendre compte de leurs œuvres. Ceux dont les bonnes œuvres pèseront plus lourd que leurs péchés seront comblés de béatitude et de bonheur. A l'opposé, ceux dont les bonnes œuvres seront plus légères que les péchés seront jetés dans une fosse de flammes embrasées.




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 15:04