.::Surat AlʿÂdiyât (Les coursiers) [100]::.


NOM

La sourate tire son nom, Al-`Âdiyât (les coursiers), du mot qui l'entamme.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Son caractère mecquois ou médinois est controversé. Nos maîtres Abdullâh Ibn Mas`ûd, Jâbir, Al-Hasan Al-Basrî, `Ikrimah et `Atâ' affirment qu'elle est mecquoise alors que nos maîtres Anas Ibn Mâlik et Qatâdah disent qu'elle est médinoise. Deux opinions ont été rapportées de notre maître Ibn `Abbâs. Selon la première, la sourate serait mecquoise, alors que selon la seconde elle serait médinoise. Toutefois, le thème de la sourate et son style indiquent clairement que cette sourate est non seulement mecquoise, mais qu'en plus elle fut révélée à la toute première étape de la période mecquoise.

THÈME ET SUJETS ABORS


Cette sourate vise à faire réaliser aux gens à quel point l'homme devient mauvais lorsqu'il renie l'Au-delà ou lorsqu'il est insouciant à son égard. Elle vise également à les avertir du fait que dans l'Au-delà, non seulement les œuvres apparentes et visibles seront scrutées, mais aussi les secrets cachés au plus profond de leur cœur.

Pour cela, le chaos général et la confusion, qui prévalaient en Arabie et qui avaient plongé toute la région dans le trouble, furent présentés en guise d'argument. Effusions de sang, pillages et attaques étaient monnaie courante. Les tribus était exposées aux expéditions des autres tribus et nul ne pouvait dormir en paix le soir, de peur de subir une expédition par une tribu ennemie, tôt le matin.

Tout arabe était conscient de l'état des choses et pensait que cela n'était guère correct. Certes celui qui était pillé pleurait sa misère et sa condition désolante et celui qui a réalisé le pillage s'en réjouissait. Mais lorsque ce dernier, à son tour, était pillé, il réalisait combien abjecte était devenue l'état de toute la nation. En faisant référence à cet état précis, il est dit : inconscient de la vie de l'Au-delà et du fait qu'il rendra des comptes à Dieu, l'homme devint ingrat à l'égard de son Seigneur et son Secoureur. Il use du pouvoir et des facultés que Dieu lui a accordés pour perpétrer la tyrannie et le pillage. Aveuglé par l'amour de la richesse de l'ici-bas, il tente de l'acquérir par tous les moyens, même les plus malhonnêtes et les plus répugnants. D'ailleurs, son état même témoigne que, en abusant des pouvoirs que son Seigneur lui accordés, il agit en toute ingartitude envers Lui. Il n'aurait jamais agi ainsi, s'il savait l'Heure à laquelle les morts sortiront de leur tombe, le Jour où les motifs et les intentions avec lesquels il a fait toutes ses œuvres sur terre seront exposés aux yeux de tous. A ce moment, le Seigneur et le Secoureur des hommes fera connaître à chacun la récompense ou le châtiment qu'il aura mérité.




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 10:37

.::Surat Az-Zalzala (Le Séisme) [99]::.


NOM

Son nom est derivé du mot zilzâl (secousse) du premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Son caractère mecquois ou médinois est controversé. Ibn Mas`ûd, `Atâ', Jâbir et Mujâhid soutiennent qu'elle est mecquoise. Cela est confirmée par une opinion attribuée à Ibn `Abbâs. A l'opposé, Qatâdah et Muqâtil affirment qu'elle est médinoise. Il y a une seconde opinion rapportée selon Ibn `Abbâs qui va dans ce sens.

Le fait qu'elle soit médinoise s'appuie sur une narration rapportée par Ibn Abî Hâtim selon notre maître Abû Sa`îd Al-Khudrî : « lorsque les versets : « Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra, * et quiconque fait un mal fût-ce du poids d'un atome, le verra » furent révélés, je dis au Messager de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui : « Ô Messager de Dieu, vais-je voir mes œuvres ? », il répondit par l'affirmative. Je poursuivis « vais-je voir chaque grand péché ? », il répondit que oui. Je continuais : « et les petits péchés également ? », « oui » dit-il. C'est alors que je dis que je serais ruiné. Le Prophète dit : « Réjouis-toi ô Abû Sa`îd, car chaque bonne œuvre en vaudra dix » ». L'argument qui sous-tend le caractère médinois de la sourate c'est que Abû Sa`îd était un médinois qui atteint la puberté après la bataille de Uhud. Ainsi, si cette sourate a été révélée en sa présence, conformément à cette narration, elle est nécessairement médinoise.

Toutefois, nous avons déjà expliqué dans sourate Ad-Dahr l'attitude des compagnons et leurs successeurs immédiats vis-à-vis du contexte de révélation des versets et des sourates. Le fait qu'un compagnon affirme que tel verset fut révélé à telle ou telle occasion n'est pas un argument décisif en soi pour affirmer qu'il a été vraiment révélé à cette occasion. Il se peut qu'après un certain temps de sa révélation, notre maître Abû Sa`îd l'ait entendue pour la première fois. Terrifié par ses derniers versets, il aurait posé au Noble Prophète les questions que nous avons citées plus haut. Et il se peut qu'il ait narré ce récit en disant que lorsque ces versets furent révélés j'ai posé telle et telle question au Prophète. Sans cette tradition, toute personne qui lit le Coran avec compréhension sentira que c'est une sourate mecquoise. Mieux encore, de par son thème et son style, elle sentira que cette sourate a très vraisemblablement été révélée au début de la période mecquoise où les principes fondamentaux et les croyances de l'islam étaient présentés aux gens, dans un style concis mais ô combien percutant.

THÈME ET SUJETS ABORS


Cette sourate traite de la vie de l'au-delà et aborde l'exposition, pour chaque personne, du livre où toutes ses œuvres de l'ici-bas sont consignées. Les trois premiers versets montrent comment la vie de l'au-delà commencera et combien éprouvant cela sera pour l'homme. Les deux versets suivants établissent que la terre où l'homme a vécu en accomplissant, sans le moindre mal, toutes sortes d'œuvres, sans jamais penser que cette terre pourra témoigner sur ses œuvres, cette terre parlera ce Jour par l'Ordre de Dieu et dira pour chaque individu les actes qu'il a accomplis à telle date et dans tel lieu.

Puis, il est affirmé que, ce Jour, les hommes sortant de leur tombe, viendront dans des groupes différents de tous les coins du globe, pour voir leurs œuvres et actes. L'exposition de leurs œuvres sera tellement exhaustive et détaillée qu'aucune bonne ou mauvaise œuvre, fut-elle du poids d'un atome, ne passera inaperçue ou ne sera cachée à leur regard.




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)

# Posté le samedi 16 août 2008 08:17

.::Surat Al Bayyina (La Preuve) [98]::.


NOM

La sourate doit son nom au mot al-bayyinah (la preuve) qui apparaît à la fin de son premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Son caractère mecquois ou médinois est également controversé. Certains exégètes prétendent qu'elle est mecquoise selon la majorité des savants, alors que d'autres affirment son caractère médinois selon la plupart des savants. Ibn Az-Zubayr et `Atâ' pensent qu'elle est médinoise. Deux opinions sont rapportées d'Ibn `Abbâs et Qatâdah. Selon la première elle est mecquoise, alors que selon la seconde elle serait médinoise. La Mère des Croyants, `Â'ishah, la considère comme mecquoise. Abû Hayyân, l'auteur d'Al-Bahr Al-Muhît, et `Abd Al-Mun`im Ibn Al-Faras, l'auteur de Ahkâm Al-Qur'ân, opte pour l'opinion qui la considère mecquoise. Quant à son contenu, rien n'y indique si elle est mecquoise ou médinoise.

THÈME ET SUJETS ABORS


Le fait qu'elle soit placée juste après sourate Al-`Alaq et sourate Al-Qadr est tout à fait porteur de sens. Sourate Al-`Alaq compte les premiers versets de la révélation, alors que sourate Al-Qadr traite du moment de la révélation. Cette sourate quant à elle montre pourquoi il était nécessaire d'envoyer un Messager, appuyé par un Livre Sacré.

D'abord, la nécessité de l'envoi un Messager est exposée : les humains, qu'ils soient des adeptes des anciennes révélations ou des idolâtres, ne pouvaient être libérés de leur mécréance sans l'envoi d'un Messager dont l'apparence même est une preuve de sa mission Prophétique. Il devra présenter aux gens le Livre de Dieu sous sa forme originale, dépourvu de toute falsification qui a corrompu les anciens Livres Sacrés. Ce Livre contiendra des enseignements lumineux.

Puis, concernant les erreurs des adeptes des anciens Livres, la sourate nous apprend que la raison de leur division et égarement avec des crédos différents n'est pas que Dieu ne leur aurait pas envoyé de guidance. Ils se sont égarés après que le Credo Correct leur soit parvenu d'une façon claire. Il s'ensuit qu'ils sont responsables de leur erreur et déviance. Maintenant, si après l'envoi des vérités claires avec ce Messager (Muhammad), ils persistent dans l'égarement, la responsabilité n'en sera qu'accrue.

A cet égard, il est établi que les Prophètes que Dieu a envoyés et les Livres qu'Il a révélés, n'enjoignaient qu'à la voie de la sincère et véritable dévotion pour Dieu, loin de toute autre voie. Cette voie droite consiste à adorer Dieu, Lui Seul, obéir à Lui Seul, accomplir la prière et s'acquitter de l'aumône canonique (Zakâh). Tel a toujours été l'enseignement de la vraie religion. Il s'ensuit de façon immédiate que les adeptes des anciennes écritures saintes se sont égarés, loin de la vraie religion. Ils ont ajouté à leur religion des choses étrangères qui n'en font guère partie et le Messager que Dieu a envoyé est venu pour les appeler à la foi pure originelle.

En somme, il a été clairement énoncé que les adeptes des anciens Livres et les idolâtres qui refuseraient de suivre ce Messager sont les pires créatures : leur châtiment est un Feu éternel. Les gens qui adhéreront à la foi correcte et agiront avec droiture, en dépensant leur vie dans l'observance de Dieu, sont les meilleures créatures : leur récompense est un éternel Paradis. Dieu est satisfait d'eux et ils sont satisfaits de Lui.





Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 08:13

.::Surat Al Qadr (La Destinée) [97]::.


NOM

Cette sourate doit son nom au mot Al-Qadr (le rang, l'honneur, la dignité, ou la destinée) mentionné dans son premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Son caractère mecquois ou médinois est controversé. Abû Hayyân dans Al-Bahr Al-Muhît avance que la plupart des savants la considèrent comme médinoise. Al-Wâhidî affirme dans son commentaire que c'est la première sourate révélée à Médine. A l'opposé, Al-Mawardî soutient que pour la majorité des savants cette sourate est mecquoise. La même opinion est exprimée par l'Imâm As-Suyûtî dans Al-Itqân. Ibn Mardaweih attribue à Ibn `Abbâs, Ibn Az-Zubayr et la Mère des Croyants et `Â'ishah la nature mecquoise de cette sourate. L'étude de cette sourate montre aussi qu'elle fut révélée à la Mecque, comme nous l'expliquerons ultérieurement.

THÈME ET SUJETS ABORS


Le thème de cette sourate consiste à informer l'homme de la valeur, de l'intérêt et de l'importance du Coran. Le fait que cette sourate soit placée juste après sourate Al-`Alaq dans le corpuscule du Coran montre, en soi, que le Noble Coran, dont la révélation a débuté par les cinq premiers versets de sourate Al-`Alaq, fut révélé en une Nuit du Destin. C'est un Livre Glorieux et sa révélation est une entière bénédiction pour l'humanité.
Au tout début, Dieu dit : « Nous l'avons certes fait descendre (le Coran) ». Cela signifie que que ce n'est nullement l'œuvre de Muhammad, paix et bénédiction de Dieu sur lui, mais c'est Nous qui l'avons rélévé.

Puis, Il dit Exalté Soit-Il : « Nous l'avons certes, fait descendre (le Coran) pendant la nuit d'Al-Qadr ». La Nuit d'Al-Qadr a deux sens, tous deux impliqués par ce verset. D'abord, il s'agit de la Nuit où les destinées sont fixées ; ou, en d'autres termes, il ne s'agit pas d'une nuit comme les autres, c'est une Nuit où les destinées sont décidées. La révélation de ce Livre cette Nuit, n'est pas simplement la révélation d'un livre, mais plutôt un événement qui va changer la destinée non seulement de Quraïsh, ou de l'Arabie, mais celle du monde entier. Cela est également évoqué dans sourate Ad-Dukhân - prière de lire l'introduction qui lui est dédiée. L'autre sens impliqué est que cette Nuit est une nuit d'un honneur, d'une dignité, d'une gloire uniques, si bien qu'elle est meilleure que mille mois.

Ainsi, les infidèles mecquois sont-ils avertis, comme pour leur dire : « Par votre ignorance, vous considérez que ce Livre que Muhammad, paix et bénédiction de Dieu sur lui, vous présente, comme une calamité pour vous. Vous vous plaignez comme d'un désastre qui s'est abattu sur vous, alors que la Nuit où sa révélation fut décrétée est tellement bénie. Elle renferme un bienfait pour l'humanité qui n'a jamais été accompli auparavant, même pendant un millier de mois d'Histoire". Cela a également été signifié, et exprimé en d'autres termes, dans le verset 3 de sourate Ad-Dukhân, comme nous l'avons expliqué dans l'introduction qui lui est réservée.

En conclusion, il est établi que, durant cette Nuit, les anges et Gabriel descendent avec tout ordre (que sourate Ad-Dukhân qualifie de amrin hakîm : sage ordre) par l'Autorisation de leur Seigneur. Elle est entièrement paix, depuis le soir jusqu'à l'aube. Cela signifie que le mal n'y a pas sa part, car tous les Ordres de Dieu visent la promotion du bien et non le mal. Et ce, à un tel point que si la décision de détruire une nation y est prise, cela sera pour un bien ultime, et non un mal.





Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le samedi 16 août 2008 08:10

.::Surat Al-ʿAlaq (L'Adhérence) [96] ::.

NOM

La sourate doit son titre au mot `alaq (adhérence) du second verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Cette sourate comporte deux parties : l'une du verset 1 au verset 5, l'autre du verset 6 au verset 19. Pour la première partie, la grande majorité des savants musulmans s'accordent à dire qu'elle constitue la toute première révélation descendue sur le Saint Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui. A cet égard, le hadîth de la Mère des Croyants `Â'ishah, que l'Imam Ahmad, ainsi que Al-Bukhari, Muslim, et d'autres savants spécialistes du Hadîth ont rapporté, avec plusieurs chaînes de garants, est l'un des hadîths les plus authentiques sur le sujet. La Mère des Croyants `Â'ishah y raconte entièrement l'histoire des débuts de la révélation tels qu'elle l'a entendue du Saint Messager d'Allah (saws). En outre, Ibn `Abbâs, Abû Mûsâ Al-Ash`arî et un groupe de Compagnons ont aussi rapporté que ce fut les tout premiers versets du Coran révélé au Saint Prophète (saws). La seconde partie fut révélée après que le Saint Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, commença à diriger la prière prescrite [par Allah] dans l'enceinte de la Ka`aba et qu'Abû Jahl, menaçant, essaya de l'en empêcher.

Début de la Révélation


Les experts du Hadîth ont rapporté, avec leurs chaînes de garants respectives, l'histoire des débuts de la révélation selon l'Imâm Az-Zuhri, qui la tenait de notre maître `Urwah Ibn Az-Zubayr, qui lui-même la tenait de la Mère des Croyants `Â'ishah, sa tante. Celle-ci affirme que les révélations faites au Saint Prophète (saws) commencèrent sous la forme de songes véridiques. Quel que soit songe qu'il avait, il le percevait comme s'il la voyait au grand jour. Puis, il aima la retraite solitaire et se rendait à la grotte de Hirâ' pour s'investir dans l'adoration pendant plusieurs jour et plusieurs nuits (la Mère des Croyants, `Â'ishah (qu'Allah soit satisfait d'elle) utilisa le terme tahannuth, que l'Imam Az-Zuhri, entend par ta`abbud, c'est-à-dire « exercice de dévotion »).

Ce fut l'une des formes d'adoration qu'il pratiquait, durant la période où Allah ne lui avait pas encore enseigné la façon de prier. Il prenait des provisions avec lui et y rester plusieurs jours. Puis, il retournait chez notre dame Khadîjah qui pourvoyait à ses besoins pour quelques jours de plus. Un jour, dans la grotte de Hirâ', la révélation se manifesta à lui de manière inattendue. L'Ange [Gabriel] (que la paix soit sur lui) lui dit : « Lis ». Selon la Mère des Croyants `Â'ishah, telle fut la réponse rapportée par le Saint Prophète (saws) lui-même : "Je ne suis pas du nombre de ceux qui savent lire !". C'est pourquoi l'Ange me prit et me pressa jusqu'à ce que je ne puisse plus le supporter. Il me lâcha alors et dit : « Lis ». Je dis : « je ne peux pas lire ! Il me serra une seconde fois jusqu'à ce que je ne puisse plus le supporter. Il me lâcha alors et dit : « Iqra' bismi rabbika'lladhi khalaqa : (Lis au nom de ton Seigneur Qui a créé) » jusqu'à arriver à "mâ lam ya`lam" (ce qu'il ne sait pas)". La Mère des Croyants Aishah poursuit : "Alors le Saint Messager , paix et bénédiction de Dieu sur lui, rentra à la maison, chez Khadijah, tremblant de peur, et lui dit : « Couvrez-moi ! couvrez-moi ! » et il fut couvert. Quand la peur le quitta, il demanda : « O Khadijah, qu'est-ce qui m'arrive ? » Il lui raconta alors ce qui se passa et dit : « Je crains pour ma vie » Elle lui dit : « Non jamais ! Par Dieu, jamais Dieu ne te rabaissera, tu considères avec bonté tes proches, tu dis toujours la vérité (une tradition ajoute : « tu rends ce qui t'es confié »), tu supportes le fardeau des faibles, tu aides les pauvres, tu accueilles les hôtes, et tu participes aux bonnes œuvres ».

Alors elle le mena chez Waraqah Ibn Nawfal - le cousin paternel de Khadîjah.
Ce dernier, très vieux et aveugle, converti au christianisme pendant la période antéislamique, traduisit l'Evangile en arabe et en hébreu. Notre noble dame Khadijah s'adressa à lui en ces termes : « Mon frère, écoute le fils de ton frère ». Waraqah demanda au Saint Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui : « Qu'as-tu vu, Neveu ? » Le Saint Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, décrivit ce qu'il avait vu. Waraqah d'ajouter : « C'est le même Nâmûs (l'Ange de la Révélation) qu'Allah a envoyé à Moïse. J'aurais aimé être un jeune homme pendant ta prophétie ! J'aimerais être vivant quand ta tribu te chassera ! » Et le Saint Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, de réagir : « Me chasseront-ils ? » Waraqah répondit : « Jamais un homme n'a apporté ce que tu apportes sans être persécuté ! Si je vis encore ce jour-là, je t'aiderai de toutes mes forces ! » Mais peu de temps après, Waraqah mourut. Ce récit est explicite : avant même l'arrivée de l'Ange, le Saint Messager d'Allah était intimement conscient de ce qu'était sa vie, ses affaires et son comportement. Lorsque Waraqah entendit ce qui lui arriva, il ne considéra pas cela comme le fait de Satan, mais pensa immédiatement que l'Ange est celui qui est descendu sur Moïse (paix sur lui). En d'autres termes, selon lui, le Saint Prophète était un homme si sublime qu'il n'était en rien surprenant qu'il soit élevé au rang de Prophète.

Causes de la Révélation des versets 6-19


La seconde partie de cette sourate a été révélée lorsque le Saint Messager d'Allah commença à accomplir la prière, sur la voie de l'islam, dans la Ka'aba. Abû Jahl le menaça et essaya de l'empêcher de prier. Après avoir été désigné Prophète, bien avant même qu'il put commencer à prêcher l'islam ouvertement, il commença à accomplir la prière aux environs de la Ka'aba, sur la voie qu'Allah lui enseignait. Ainsi, les Quraïshites sentirent pour la première fois qu'il avait adopté une nouvelle religion. D'autres le regardaient avec curiosité. En revanche, Abu Jahl, plein d'arrogance et d'orgueil, menaça le Saint Prophète et lui interdit de prier de la sorte dans l'enceinte de la Ka'aba. Un certain nombre de hadîths ont été rapportés, à cet égard, par nos maîtres Abdullah Ibn `Abbâs et Abu Huraira, avec notamment une mention de l'attitude stupide de Abu Jahl.

Notre maître Abu Huraira affirme que Abu Jahl demanda au peuple de Quraïsh : "Muhammad (saws) pose-t-il son visage au sol en votre présence ?" Lorsqu'ils lui répondirent par l'affirmative, il dit : "Par Lât et `Uzza, si jamais je le prenais dans cet acte d'adoration, je poserais mon pied sur son cou et lui ferais mordre la poussière". Il advint qu'il vit le Saint Prophète (saws) dans ladite posture. Il s'avança jusque derrière lui (saws) pour lui poser son pied sur son cou, mais soudainement il fit volte face comme effrayé et déconcerté par ce qui se passait. Il affirma avoir vu un fossé de flammes et une terrible apparition entre lui et Muhammad (saws), ainsi que des ailes. A ces mots, le Saint Prophète (saws) dit : "S'il s'était approché de moi, les anges l'auraient tué et mis en pièces". (Ahmad, Muslim, An-Nasâ'î, Ibn Jarîr, Ibn Abî Hâtim, Ibn Al-Mundhir, lbn Mardaweih, Abu Nu`aym Al-Asfahânî, Al-Bayhaqi).

Selon lbn `Abbâs, Abu Jahl dit : « Si j'attrapais Muhammad accomplissant la prière devant la Ka'bah, je lui ferais mordre la poussière » Quand le Saint Prophète (saws) entendit cela, il dit : « S'il agit ainsi, les anges l'auraient saisi à ce moment". (al-Bukhari, At-Tirmidhi, An-Nasâ'i, Ibn Jarîr, Abd'ur-Razzâq, `Abd Ibn Humaid, Ibn Al-Mundhir, Ibn Mardaweih).

Selon une autre tradition d'Ibn Abbas, le Saint Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, accomplissait sa prière au Maqam Ibrahim (station d'Ibrahîm). Abu Jahl passant par là dit : "O Muhammad, ne t'ai-je pas interdit cela ?" et il commença à le menacer. En réponse, le Saint Prophète (saws) le blâma sévèrement. Puis là-dessus ajouta : "O Muhammad, par quelle vigueur me réprimandes-tu ? Par Dieu, mes partisans, dans cette vallée, dépassent de loin en nombre les tiens." (Ahmad, At-Tirmidhi, An-Nasâ'î, Ibn Jarîr, lbn Abî Shaybah, Ibn al-Mundhir, At-Tabarânî, Ibn Mardaweih).Cela explique, suite à ces graves incidents, que la seconde partie de cette sourate débute par " kalla inna al-insâna la yatghâ - Vraiment l'homme devient rebelle". Cette partie garde naturellement le même sens que celui plus global de cette sourate dans le Coran : après la première révélation, le Saint Prophète (saws) a conféré à l'islam une expression avant tout à travers les actes de prière, et son conflit avec les païens.




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le vendredi 15 août 2008 18:24

Modifié le samedi 16 août 2008 08:00

.::Surat At-Tîn (Le Figuier) [95]::.

NOM

Cette sourate doit son nom au serment qui l'inaugure.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Selon Qatâdah, cette sourate est médinoise. Deux avis opposés ont été rapportés d'Ibn `Abbâs : le premier est qu'il s'agit d'une sourate mecquoise est le second qu'il s'agit d'une sourate médinoise. Mais la majorité des érudits considèrent cette sourate comme étant une révélation mecquoise. L'usage des mots " hadhâ al-balad il-amîn " (cette cité de paix) pour la Mecque en est une preuve manifeste. De toute évidence, si elle avait été révélée à Médine, il n'aurait pas été correct d'utiliser les mots " hadhâ al-balad " (cette cité) pour la Mecque. D'autre part, l'étude du contenu de la sourate démontre qu'elle appartient au tout début de la période Mecquoise. En effet, elle ne contient aucun élément permettant d'indiquer que durant la période de sa révélation quelque conflit que ce soit eut déjà débuté entre l'Islam et les mécréants. De plus, elle se présente sous le même style que les premières révélations de la période mecquoise dans lesquelles les gens furent amenés de façon rapide et succincte à se rendre compte que le jugement dans l'au-delà était nécessaire et entièrement rationnel.

THÈME ET SUJETS ABORS


Cette sourate traite de la récompense et de la punition dans l'au-delà. Ainsi, en commençant par un serment par le lieu où avaient vécu d'illustres prophètes, il est affirmé qu'Allah a créé l'homme dans la forme la plus parfaite.

Dans certains passages du Coran cette vérité est exprimée de façons différentes, par exemple, il est dit que : "Allah a fait de l'homme son lieutenant sur terre et a ordonné aux anges de se prosterner devant lui" (Al-Baqarah 30-34, Al-An`âm 165, Al-A`râf 11, Al-Hijr 28-29, An-Naml 62, Sâd 71-73). Dans d'autres passages, on lit : " Oui, nous avions proposé le dépôt de la foi aux cieux, à la terre et aux montagnes. Ceux-ci ont refusé de s'en charger et en ont été effrayés. Seul l'homme s'en est chargé,... " (Al-Ahzâb 72), dans d'autres passages encore : "Certes, Nous avons honoré les fils d'Adam. Nous les avons transportés sur terre et sur mer, leur avons attribué de bonnes choses comme nourriture, et Nous les avons nettement préférés à nombre de Nos créatures." (Al-Isrâ' 70).

Cependant, dans la sourate At-Tîn, l'affirmation faite avec le serment par le lieu de vie des prophètes que l'homme a été créé dans la forme la plus parfaite signifie que l'humanité a été bénie par une forme et une nature si parfaites qu'elles ont donné naissance à des hommes capables d'atteindre le plus haut degré de la prophétie, un degré si élevé qu'aucune autre créature de Dieu n'a pu l'atteindre.

Ensuite, il est affirmé qu'il existe deux sortes d'hommes : ceux qui, bien qu'ils aient été créés dans la meilleure des formes, sont enclins à la malfaisance et dont la dégénération les réduit au plus bas, et ceux qui, en adoptant le chemin de la foi et de la droiture se mettent à l'abri de la dégénération et se maintiennent aux plus hauts degrés. Cette façon d'être est exigée du fait qu'ils ont été créés de la meilleure façon. L'existence parmi les hommes de ces deux types d'individus est un fait que personne ne peut nier puisqu'elle a été observée et subie depuis toujours dans la société humaine.

En conclusion, cette réalité objective a été utilisée comme argument afin de prouver que lorsque parmi les gens se trouvent ces deux types d'individus aux comportements distincts, comment peut-on nier le jugement et la rétribution des actes ? Si les comportements dégradés ne sont pas punis, et si les personnes moralement pures et exaltées ne sont pas récompensées, et que tous finissent de la même façon dans la poussière, cela voudrait dire qu'il n'y a pas de justice dans le royaume de Dieu, alors que la nature humaine et le bon sens exigent qu'un juge fasse justice. Mais comment pourrait-on concevoir qu'Allah, qui est le Meilleur des juges, ne fasse pas justice ?




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le vendredi 15 août 2008 17:57

Modifié le samedi 16 août 2008 07:53

.::Surat Ash-sharḤ (L'épanouissement) [94]::.

NOM

Le nom de cette sourate est tirée du premier verset.

PÉRIODE DE RÉVÉLATION


Le thème de cette Sourate est tellement similaire à celui de la Sourate Ad-Duhâ. Toutes deux semblent avoir été révélées à la même période et dans les mêmes circonstances. Selon notre maître `Abdu'llâh Ibn `Abbâs, elle a été révélée à La Mecque, juste après Ad-Duhâ.

THÈME ET SUJETS ABORS


L'objet de cette de Sourate est également de consoler et d'encourager le Noble Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui. Avant qu'il soit chargé de sa mission Prophétique, il n'eut jamais à affronter de telles difficultés qu'il rencontra soudainement dès son engagement dans cette mission d'appel à Dieu. C'était en soi une grande révolution dans sa vie qu'il n'avait jamais soupçonnée avant de recevoir la mission prophétique.

Pas plus tôt qu'il ne commença à prêcher le Message de l'Islam, la même société qui auparavant l'estimait et lui avouait un honneur unique, changea et lui devint hostile. Parents et amis, voisins et membres de tribus qui lui témoignaient le plus grand respect se mirent à l'accabler d'injures. Personne à La Mecque n'était préparé à l'écouter. Dans la rue, sur la route, il devint sujet à railleries et moqueries ; chaque pas le confrontait à de nouvelles difficultés. Bien qu'il s'habitua petit à petit à ces dures épreuves, et même à d'autres encore plus dures, cette première étape lui était très décourageante. C'est pourquoi en premier fut révélée la Sourate Ad-Duhâ afin de le consoler, puis cette Sourate fut révélée dans le même sens.

Dans celle-ci, au début, c'est comme-ci Allah lui disait : " ô prophète, Nous t'avons favorisé avec trois grandes bénédictions ; tu n'as donc aucune raison pour être découragé. La première est la bénédiction de Sharh Sadr ( sa poitrine fut fendue dans son enfance par les Anges pour la purifier entièrement et n'y laisser que la lumière). La seconde fut de t'avoir décharger du lourd fardeau qui accablait ton dos et la troisième d'avoir exalté ta Renommée, accordé encore à personne. Prends bien note de Nos explications du sens de chacune de ces bénédictions et de leur dimension ; elles sont uniques !"

Après ceci, Le Seigneur, le Dominateur Suprême rassura Son Serviteur et Messager ; cette période de dures épreuves est de courte durée. Combattre pleinement ces difficultés ne peut qu'aboutir à une période plus aisée. Cette même chose a été décrite dans la Sourate Ad-Duhâ : "Chaque période à venir est meilleure pour toi que celle qui la précède et bientôt ton Seigneur te donnera tant que tu seras bien satisfait".

En conclusion, c'est comme si il est dit au Noble Prophète (saws): " Tu peux mieux supporter et faire preuve encore de plus d'endurance en ces dures épreuves vécues au début de la Mission uniquement par cette voie : "Lorsque tu es libéré de tes occupations, tu dois te dévouer au labeur de l'adoration et accorder ton attention exclusivement à ton Seigneur". La même directive lui a été donnée avec plus amples détails dans la Sourate Al-Muzzammil versets 1-9.




Bibliographie:
Hani Ramadan- Commentaire de la sourate Al Fâtia (Tawhid)
Hassan Amdouni- Commentaire Du Coran Chapitre ʿAmma (Le Savoir)
Tahar Gaid- Commentaire du Coran ʿAmma (Iqra)
Ibn Salih Al Uthaymin- Commentaire du hizb Sabbih et d'Al Fatiha (Almadina)
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# Posté le vendredi 15 août 2008 17:52

Modifié le samedi 16 août 2008 07:47